Suite de Squ4lus INCognitus: Attention au requin multi-attentionné
Systèmes de mémoires
La mémoire est davantage qu’un disque dur où se situe toutes les informations dont nous avons besoin. Plusieurs modèles ont été établis, mais ça se résume habituellement à ceci:

Mémoire sensorielle
Lorsqu’un poisson-poisson entre en contact avec un stimulus, celui-ci est traité d’abord par la mémoire sensorielle. Il a été démontrer que cette mémoire garde stockée l’information traitée un court instant. Ce phénomène est observé pour tous les sens:
- Vue: un objet qui se déplace rapidement laisse une trainée, ou est flou.
- Audition: après avoir entendu un son, un écho persiste dans notre tête.
- Toucher: après s’être fait croqué par un requin, nous ressentons la douleur longtemps.
- Odorat: L’odeur du sang peut rester dans la psyché bien après l’application du pansement.
- Goût: Après avoir mangé la chair de nos semblables, le goût reste longtemps en tête.
La mémoire sensorielle est un processus qui garde momentanément active l’information des sens dans le but de traiter les stimuli ou pas selon leur pertinence pour l’organisme. Elle assure une rétention assez longue des informations pour que la cognition puisse s’effectuer. Cette mémoire permet une certaine stabilité dans les perceptions et dans les réponses offertes.
Fausses idées à démêler
Plusieurs mauvaises conceptions persistent de nos jours à propos de la mémoire sensorielle. Voici la réalité:
- Le stimulus n’est pas identique à la sensation. La réalité que nous concevons n’est pas identique au réel qui sévit à l’extérieur, notre perception étant influencée par le contenu de notre mémoire long terme.
- Le début et la fin d’un stimulus ressenti ne correspond pas à ses réelles début et fin. Un écho persiste dans la mémoire sensorielle bien après la fin du stimulus.
- Il est impossible de décrire scientifiquement la cognition par l’introspection car la subjectivité est au centre de toute interprétation.
2 formes de persistances
- Persistance physiologique: La perception d’un stimulus dépasse sa présence réelle. Elle persiste sur le plan physiologique, c’est à dire d’un point de vue biologique, mécanique et/ou fonctionnel.
- Persistance informationnelle: La représentation que la conscience se construit d’un stimulus persiste dans la mémoire. Cette information est encore disponible bien après la fin du stimulus car elle est manipulée par la MCT et la MLT.
Caractéristiques de la mémoire sensorielle
- Mémoire très court terme: transfert de l’information à la mémoire court terme si le poisson-poisson y porte attention. Cependant, le transfert est partiel car l’information se dégrade plus rapidement que le tissus social.
- Spécifique à chaque modalité des sens: chaque sens a son propre compartiment de la mémoire sensorielle. La capacité, le format et la durée de l’information traitée peut différer d’une modalité à une autre.
- Information pré-catégorisée: à ce stade de la cognition, l’information n’est pas encore interprétée. Elle n’a pas encore accédé à la MCT et est ce qui ressemble le plus au stimulus réel, sans être identique. Le réel, y’a que ça de vrai. Et vous n’y avez pas accès.
- Capacité gargantuesque: tous les stimuli, même ceux dont nous ne sommes pas conscients, passent par la mémoire sensorielle, mais leur durée est très courte, pour ne pas dire instantanée selon certains stimuli.
- Perte d’information: deux hypothèses tentent d’expliquer cette perte gargantuesque. Soit l’oubli est causé par estompage (le temps qui passe) ou par interférence des nouveaux stimuli qui entrent en mémoire sensorielle.
Mémoire iconique
La mémoire sensorielle visuelle est aussi appelée «mémoire iconique». Le terme «iconique» réfère aux icônes, aux images générées par les stimuli visuels qui se veulent comme une représentation plus ou moins réaliste du réel. L’une des choses que les chercheurs ont voulu évaluer était la capacité de cette mémoire iconique. Quelle quantité d’information peut-elle contenir ?
Méthode du rapport complet
La première expérience consiste à faire faire à des poissons-poissons un rapport complet de matrices de lettres (3 lignes de 4 caractères pour un total de 12 lettres) affichées sur 50 ms. Voici un exemple de matrice:
| K | R | S | V |
| Y | E | I | C |
| U | N | A | J |
Selon les études, le taux de rappel est de 40% (entre 3 et 4 items rappelés). Puisque les matrices n’apparaissent qu’une fraction de seconde, il est considéré que seule la mémoire iconique entre en jeu. Il est également considéré que le temps de formuler la réponse provoque l’oubli. Plus il y a de lettres à rappeler, plus la trace s’estompe; l’oubli augmente en fonction du nombre de lettres.
Méthode du rapport partiel (Sperling, 1960)
Des poissons-poissons étaient exposés, comme précédemment, à des matrices 3×4 durant 50 ms. Cependant, un son leur était ensuite joué après un court délai pour leur indiquer quelle ligne rappeler:
- aigu: celle du haut
- normal: celle du milieu
- grave: celle du bas
En général, 3-4 items peuvent être rappelés, ce qui augment le taux de réussite car seules 4 lettres doivent être rappelées. Les poissons-poissons doivent quand même «mémoriser» les 12 lettres, mais l’indice auditif leur permet de focaliser sur seulement le tier de la matrice, ce qui permet d’atténuer l’effet d’oubli d’un rapport complet.
Plus le délai entre la disparition de la matrice et l’indice auditif est long, plus le taux de succès diminue. Pour mesurer la durée de la trace iconique (le temps que l’information visuelle reste dans la mémoire sensorielle), les chercheurs ont modifié dans l’expérience du rappel partiel la durée du délai avant l’indice auditif. Plus il est long, moins le rappel est efficace. Donc, ils ont modifié la valeur jusqu’à ce que le taux de rappel partiel équivaille à celui d’un rapport complet. Ou pour le dire autrement: jusqu’à ce que l’avantage du rappel partiel sur le complet soit réduit à néant. Leurs résultat démontrent que lorsque l’indice auditif la trace iconique est d’environs 300 ms.

Durée de la trace iconique
Un autre chercheur, un certain Segner en 1740, a décidé de déterminer la durée de la trace iconique. Il a attaché à une roue un morceau de tison ardent. Il a fait tourner la roue de plus en plus vite, jusqu’à ce que le tison se résume à un cercle orangé. Selon ses calculs, la trace iconique dure 100 ms.
Le principe d’oubli par interférence de la trace iconique par masquage
La notion d’interférence rétroactive implique que l’ajout de stimuli à ceux déjà en traitement cause leur oubli. Des chercheurs ont étudié ce phénomène grâce au masquage de la trace iconique.
Pour vérifier l’oubli par interférence rétroactive, des chercheurs ont effectuer des tests de masquage sur des matrice de lettres 3×4. Selon les théories, l’ajout d’un masque sur l’une des lettres modifiera le taux de rappel des poissons-poissons. Pour que le masquage soit effectif, il faut qu’il soit appliqué tandis que le stimulus est encore en mémoire iconique. Le délai entre l’apparition de la matrice et celle du masque déterminera la trace iconique; ce sera l’une des variables manipulées. Si le délai est nul, le stimulus ne sera pas même perçu et s’il est trop long, il n’aura aucun effet sur le rappel. Les chercheurs ont donc mesuré l’effet des différents délais pour déterminer à quel moment le masque n’a plus d’effet sur la performance de rappel, ce qui démontrera la durée de la trace iconique.
| K | R | S | V |
| Y | E | I | C |
| U | N | A | J |
délai variable
(entre 0 et 1 seconde)
| % | ? | $ | # |
| $ | & | # | % |
| # | % | ? | $ |

Cette expérience conclut que la trace iconique est d’environs 250 ms. À ce délai, le masquage n’a plus aucune incidence sur le rappel. Deux sortes de masquage peuvent s’effectuer:
- Masquage par intégration: le masque s’intègre au stimulus en voilant ses contours; effet maximal quand le délai est nul.
- Masquage par effacement: le masque efface la trace laissée par le stimulus; effet maximal après 100 ms.
Durée de la trace par masquage (Averbach et Coriell, 1961)
Deux rangées de 8 lettres sont présentées rapidement à des poissons-poissons. L’une des lettres est ensuite masquée (par un O ou un #) après un délai variable. Les poissons-poissons doivent dire quelle lettre a été masquée.
1: Assemblage de lettres
I-S-N-E-R-U-Y-K
A-D-E-B-I-D-E-B-A-B
Délais variable
2: Masquage d’une lettre
O ou #

- Lorsque le délais est 0 ms: le taux de rappel est excellent avec le masque O car c’est comme s’il encercle carrément la lettre, contrairement au # qui cache toutes ses caractéristiques, impliquant un taux de rappel quasi nul.
- Lorsque le délai est de 100 ms: le taux de rappel est presque nul, peu importe le masque, car il efface le stimulus et en prend la place dans la mémoire iconique.
Durée de la trace par synchronie (Haber et Standing 1969)
Ces chercheurs ont décidé d’afficher deux cercles devant des poissons-poissons et de varier le délai entre les deux pour découvrir à quel intervalle les sujets n’allaient voir qu’un seul cercle au lieu de deux qui se superposent.
Selon leurs résultats:
- Si le délai < 250-300 ms : 1 seul cercle visible
- délai > 250-300 ms: 2 cercles successifs visibles.
Format de la trace iconique
Les chercheurs voulaient également déterminer la forme que prenait cette trace, pas seulement sa durée: sa ressemblance avec le réel et l’analyse de l’intégralité de son contenu.
Par la technique du rapport partiel, il a déjà été démontré que les indices visuels sont de meilleurs indices que les sémantiques, ce qui implique que la trace iconique est pré-catégorielle.
Mémoire échoïque
La mémoire sensorielle auditive est également appelée «mémoire échoïque». On appelle «écho» la trace auditive résiduelle après la fin du stimulus.
Étude de la capacité de la mémoire échoïque par rapport partiel (Darwin, Turvey et Crowder (1972))
9 lettres sont prononcées à des poissons-poissons dans des écouteurs: d’abord 3 dans l’oreille droite, ensuite 3 dans les deux oreilles et finalement 3 dans l’oreille gauche. Un indice visuel («gauche», «droite» ou «centre») indique au sujet quelle réponse fournir.
Selon leurs résultats, généralement 5 items sur 9 sont rappelés, ce qui implique que la capacité de la mémoire échoïque est de 55% du total de stimuli.
L’avantage du rapport partiel vis-à-vis le complet n’est que d’environs 10%.
Étude de la durée de la mémoire échoïque
Pour mesurer la durée de la mémoire échoïque, le délai entre la fin des stimuli et l’indice a été manipulé dans le rapport-partiel ci-haut. Lorsque l’indice est présenté 4 secondes après les stimuli, les performance en rapport partiel sont équivalentes à celles du rapport complet.

Cette différence entre la durée de la mémoire échoïque et la iconique démontre leur différence. Cependant, puisque l’expérience pour la durée de la mémoire échoïque (les stimuli sont présenté de façon séquentielle) ne peut être semblable à celle de la mémoire iconique(les stimuli sont présentés simultanément), ces résultats sont contestés. Contestez-vous au lieu de me contester.
Étude de la durée de la mémoire échoïque par masquage (Massaro 1970)
Comme pour la trace iconique, la durée de la trace échoïque peut être mesurée grâce au test de masquage.
Les poissons-poissons se font présenter des stimulus auditifs, soit graves(770 Hz) ou aigus(870 Hz). Après un délai variable, un masque de 820 Hz(fréquence moyenne entre les sons aigus et graves) est lancé avant que les sujets ne donnent leur réponse, à savoir si le premier son était aigu ou grave.
Résultats
Lorsque le délai entre le stimulus et le masque est plus grand que 250 ms, il n’a plus d’impact sur le taux de bonnes réponses des poissons-poissons. Puisque la trace échoïque n’est plus présente dans la mémoire sensorielle, le masque ne peut interférer avec le stimulus.

Format de la trace par suffixe
L’effet de suffixe peut être utilisé pour déterminer le format de la trace échoïque. On demande à des poissons-poissons de retenir une liste de 12 mots qui leur est récitée. Comme vu précédemment, un effet de primauté et un effet de récence est observé dans les résultats selon la position du mot dans la liste.

Pour abolir l’effet de récence, un suffixe est ajouté à la fin de la liste. Le suffixe doit être de même nature que les stimuli pour permettre une interférence rétroactive; un effet visuel ou même une alarme audible ne fonctionnent pas. Par contre, un «GO» ou même «REQUIN» pourrait servir de suffixe, comme n’importe quel autre stimulus auditif verbal à cause de sa nature sémantique.
Ceci suggère que la mémoire échoïque est brute et peu transformée.
Les autres mémoires sensorielles
Mémoire olfactive
La mémoire olfactive est souvent intacte, peu importe l’état des autres modules de la mémoire sensorielle. Sa persistence est très longue. Malheureusement, les tests de rappel sont proscrire pour ce type de stimulus car les poissons-poissons disposent, en plus de l’odeur elle-même, du nom de l’odeur, d’un souvenir associé, ce qui aide au rappel. Sans parler qu’il doit être difficile de contrôler le temps d’exposition des poissons-poissons.
Mémoire tactile
Comme pour les autres mémoires, des tests de rappel partiel et complet ont été effectués sur des poissons-poissons en leur soufflant sur des partis des doigts (3 zones par doigt). Comme les autres modalités, il y avait un avantage au rapport partiel.
Le seul type de suffixe qui fonctionnait était le tactile, ce qui démontre que cette mémoire est à part des autres sens.
Mémoire court terme (MCT)
La MCT est l’ensemble de processus qui permet de garder et manipuler les stimuli et les informations dans le procédé de cognition. Elle est souvent confondue avec la conscience. Vous ne connaissez pas votre conscience, cette mascarade de cirques dynastiques aux manèges infernaux.
Propriétés de la MCT
Comme tout processus cognitif, la MCT est définie selon deux propriétés: la capacité et la forme.
Format de la MCT
Le format est la nature propre de l’information en MCT, que ce soit un symbole, une lettre, un chiffre, un mot, une phrase, etc.
Capacité de la MCT
La capacité est le nombre d’items(symbole, lettre, mot, etc.) que la MCT peut garder en stockage. La mesure de la capacité est l’empan.
La durée est le temps que chaque item peut rester en MCT avant d’être oublié.
L’empan mnémonique
L’empan est mesuré de deux façons:
1: On présente à des poissons-poissons des listes à mémoriser de différentes longueurs et on calcule le % de bonnes réponses pour chaque. L’empan est le nombre d’items dans la liste rappelée à 50%.
Liste (longueur)
(9): 985308614
(6): 025497
(5): 36490
(6): 529667
(8): 41840358
… etc. …
Rappel
985036814
025497
36490
529667
41804858
… etc. …
Rappel complet?
non
oui
oui
oui
non
… etc. …
Après, on fait une moyenne du taux de bonne réponses pour chaque longueur de liste:
Longueur 5: 100%
Longueur 6: 75%
Longueur 7: 75%
Longueur 8: 50% ———> L’empan est de 8
Longueur 9: 25%
2: On présente le même genre de listes aux poissons-poissons jusqu’à ce qu’ils ne puissent offrir un rappel parfait pour deux listes d’affilées. L’empan est la longueur de la dernière liste sans faute avant les deux erreurs consécutives.
Liste (longueur)
(3): 579
(4): 7543
(5): 37895
(6): 198436
(7): 1850753
(8): 93518041
Rappel
579
7553
37895
198436
1857053
93578041
Rappel complet?
oui
non
oui
oui
non
non
Puisque la dernière liste sans erreur de rappel avant les deux erreurs consécutives est de 6 items, l’empan est de 6.
Selon la synthèse de différentes études, l’empan mnémonique est de 7 ± 2 items (entre 5 et 9 items pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’arithmétique de base):
- Chiffres: 8.0
- Lettres: 7.1
- Mots courts: 5.5
L’empan est affecté par plusieurs facteurs:
- Groupement ou chunking
- Longueur du mot
- Similitude phonologique
Groupement
Le groupement peut aider au rappel de nombre, mais surtout de lettres. Il est plus facile de se souvenir de FBI CIA BRI OMS ONU que de FBICIABRIOMSONU ou de 613 782 8111(numéro de téléphone de la Banque du Canada) que 6137828111. Évidemment, si le chunking a une signification, cela aide d’autant plus le rappel.
Longueur du mot (Baddeley, Thompson et Buchanan (1975))
Ces 3 chercheurs ont cru bon de tester le taux de rappel dans une tâche de rappel partiel selon des listes de mots de différentes longueur en nombre de syllabes, car il est naturel de penser que la longueur des mots influence le nombre de ceux-ci qui peuvent être retenus dans la MCT.
| 1 syllabe | 2 syllabes | 3 syllabes | 4 syllabes | 5 syllabes |
| fric | argent | Kyurensi | économie | Babedibeda |
| dette | finance | rembourser | géninomie | capitaliser |
| voûte | requin | endetter | liquidité | Abracadabank |
| sou | Chomp-chomp | financer | investissement | administrateur |
| bourse | emprunt | capital | cryptomonnaie | inexactitude |

Il a donc été démontré que la longueur du mot affecte quasi proportionnellement l’empan.
Vitesse de lecture (Schweickert et Boruff (1986))
Ces deux chercheurs ont étudié l’effet de la durée d’élocution sur l’empan mnémonique. Leur expérience était un simple rappel complet d’une liste de mots et d’une liste de chiffres. Lors du rappel, le poisson-poisson doit réciter ses réponses le plus rapidement possible et le temps de prononciation est mesuré.

L’empan est de 8 pour les chiffres et de 5 pour les mots, ce qui équivaut à ce qui peut être prononcé en à peu près 2 secondes.
Similitude phonologique
La similitude phonologique est la ressemblance de prononciation entre différents items. Selon les théories, cette similitude phonologique aurait un impact sur la MCT.
Expérience de Baddeley (1966)
Ce chercheur a fait faire des rappels complets de listes de mots sur des poissons-poissons. Certaines liste étaient constituées de mots différents (sou, dent, eau, squale, etc.) et d’autres de mots semblables (dent, vent, gens, banc, etc.).
Selon ses résultats, les listes de mots semblables avaient un taux de rappel plus bas que celles avec des mots différents. Ce qui impliquerait que la MCT mêle les mots semblables entre eux, ce qui permet d’interpréter que les poissons-poissons se servent de phonologie pour garder en mémoire des séquences d’items.
Cependant, selon mes résultats personnels, j’arrive à des résultats contraire. Que ce soit à cause de l’autisme ou pas, j’ai de meilleurs résultats dans les listes à phonologie semblable. Puisqu’un son est présent dans tous les mots, je n’ai pas besoin de me souvenir du son semblable pour chaque mot, laissant plus d’espace dans la boucle articulatoire pour les autres sons. Et même que dans les listes de lettres, je me servais de la boucle articulatoire pour me souvenir des premières lettres et du scribe interne pour la dernière lettre. Si les lettres ne sonnent pas de la même manière, ma MCT est déficiente. En tous cas… On pourrait conclure qu’en ce qui concerne mes processus cognitifs, je déconstruis les sons pour faire du chunking entre eux. Mon esprit m’est insondable, je suis un mystère pour moi-même. Comme ce cirque est amusant!
Conclusion finale sur la MCT
Capacité: L’empan est de 7 ± 2 items et la trace dure 2 secondes.
Forme: la représentation de l’information est de nature phonologique.
Modèle de mémoire de travail
La mémoire de travail est une déconstruction de la MCT. Elle est représentée par 3 modules, pas super clairement démontré ci-bas, (coeur: unité centrale / aile gauche: Tablette visuo-spatiale / aile droite: boucle phonologique). :

Boucle phonologique
La boucle phonologique est le procédé qui permet le traitement d’information auditive, reliée au langage. Par exemple, même si des poissons-poissons doivent se souvenir de lettres montrées, ils se les répèteront de façon auditive dans la boucle phonologique pour s’en souvenir. Elle est composée de deux modules:
- le registre phonologique
- la boucle articulatoire
Relation entre le registre phonologique et la boucle articulatoire
Le registre phonologique est l’endroit où les sons sont stockés dans la MCT. Les données peuvent y être retenus pendant 2 secondes, mais si on veut les retenir plus longtemps, il faut les faire passer par la boucle articulatoire.
La boucle articulatoire est la répétition interne, ou auto-répétition, qu’on fait tous pour se souvenir de quelque chose dans l’immédiat. Elle est limitée par l’articulation et la prononciation. Ce serait par elle que la MLT donne un sens aux mots du registre phonologique lors de l’auto-répétiton.
Suppression articulatoire
La suppression articulatoire consiste à se répéter un mot qui n’a pas de lien avec ce qui entre dans le registre phonologique, court-circuitant la boucle articulatoire. Si lors d’une expérience de rappel, la suppression articulatoire empêche le rappel, cela impliquerait que la tâche sollicite la boucle articulatoire.
Effet de longueur du mot
L’effet de la longueur du mot serait liée à la saturation de la boucle articulatoire. Plus le mot est long à PRONONCER (on parle de phonologie ici), plus la boucle articulatoire prend de temps pour le répéter, limitant l’auto-répétition surtout s’il y a plusieurs mots à se souvenir, causant davantage l’oubli des items du registre phonologique. Il est donc plus facile de se souvenir des mots «squale, dent, sou, dette…» que «finance, religion, capitalisation, exploitation…».
La similitude phonologique
La confusion de la MCT causée par la similitude phonologique se situerait dans le registre phonologique. Selon les études, il est plus facile de se souvenir de la liste de mot «église, banque, religion, culte, capital…» que «requin, destin, dessin, festin…». Vous vous souvenez davantage du mot «argent» que de «merci».
Expérience de Longoni, Richardson et Aiello (1993)
Ces trois lurons ont voulu vérifier les prédicats ci-hauts. Ils ont organisé une expérience où des poissons-poissons devaient faire des rappels sériels selon trois critères binaires: avec ou sans suppression articulatoire, avec des mots similaires et des mots différents, avec des mots courts(2 syllabes) ou longs(4 syllabes). De cette façon, toutes les interférences possibles entre ces trois concepts seront testées.
Résultats
| % rappel | sans suppression | sans suppression | avec suppression | avec suppression |
| mots différents | mots similaires | mots différents | mots similaires | |
| mots courts | 86% | 63% | 52% | 25% |
| mots longs | 73% | 31% | 49% | 18% |
| moyenne | 79.5% | 47% | 50.5% | 21.5% |
Plusieurs constats peuvent être établis:
- La suppression articulatoire diminue d’environs la moitié le rappel, peu importe les autres facteurs.
- Les mots courts sont toujours plus rappelés que les longs et l’effet de différence a encore plus d’impact lors de la suppression articulatoire.
- Les mots longs similaires sont plus de deux fois plus difficiles à rappeler que les différents. L’impact de la suppression articulatoire est semblable peu importe la similitude des mots.
La tablette visuo-spatiale
La tablette visuo-spatiale est l’endroit de la MCT qui traite les stimuli visuels et spatiaux; ce qui n’est pas verbal. Elle est analogue à la boucle phonologique. Le registre phonologique est remplacé par le cache visuel et la boucle articulatoire par le scribe interne.
Étude de la capacité de la tablette visuo-spatiale par Zhang et Simon (1985)
Ces deux chercheurs ont voulu déterminer l’empan de la tablette visuo-spatiale. Pour ce faire, ils ont voulu annuler les codes phonologiques des stimuli présentés aux poissons-poissons. Ils ont donc utilisé des symboles chinois qui se prononcent tous de la même manière.
Le problème que je vois ici c’est que même si les symboles se prononcent tous de la même manière, il y a une trace sémantique qui pourrait s’installer chez les poissons-poissons qui comprennent manifestement cette langue.
Selon les recherches de Zhang et Simon, l’empan de la tablette visuo-spatiale est de 2 à 3 items.
Tâche de suivi de points (ou tâche de Corsi)
D’autres chercheurs se sont demandé si la complexité des symboles chinois pouvait expliquer cette faible capacité. Ils ont alors mis au point la tâche de suivi de points. Des points apparaissent successivement à l’écran en des lieux différents et les poissons-poissons doivent dire dans l’ordre où les points se trouvaient, mettant ainsi au point une tâche analogue à celle pour mesurer l’empan de la boucle phonologique.
Avec cette tâche, les chercheurs ont pu déterminer que l’empan est de 5 ± 2 items, comme pour la boucle phonologique. Les résultats avec des points est supérieure qu’avec des symboles chinois.
La mémoire court terme spatiale
Même si cette mémoire semble distincte de la mémoire phonologique, des chercheurs ont démontre également un effet de récence et de primauté dans des rappels sériels de nature spatiale autant que verbale. Il serait donc plausible que les deux boucles (scribe interne et boucle articulatoire) soient le même système et non deux distincts.
Auto-répétition spatiale (Pearson et Sahraie (2003))
Ces deux chercheurs croyaient que l’auto-répétition spatiale serait le résultat de l’attention qui se déplace volontairement dans l’espace. Comme pour se souvenir de la position des points dans la tâche de Corsi, les poissons-poissons «bougent» leur regard, donc leur attention, sur les différents endroits de l’écran où sont affichées les points à suivre.
Afin de tester cette hypothèse, un délai est inséré à la fin de la tâche avant le rappel. Pendant le délai, il est demandé au poissons-poissons de s’auto-répéter le suivi des points. Simultanément, un objet bouge dans le même écran.
Résultats: La suppression attentionnelle diminue l’empan. Ce qui permet d’interpréter que l’attention est active lors de la tâche de Corsi.
Il a aussi été découvert que le mouvement oculaire sert dans l’auto-répétition.
Le concept de modularité
L’information dans l’environnement peut être de mode visuelle ou auditive (si on fait abstraction des autres sens) et encodée de manière verbale ou spatiale.
Lorsque 2 tâches impliquant une même modalité sont effectuée simultanément, il devrait y avoir de l’interférence. Comme vu précédemment, les ressources d’un même bassin cognitif sont limitées. Par exemple, une suppression articulatoire lors d’une tâche de rappel de mots cause une baisse de performance. Et inversement, des tâches qui demandent différentes ressources ne s’handicapent pas l’une l’autre. Cependant, cela à été à peu près démenti par l’étude sur l’effet du cellulaire au volant.
Test de la modularité par Meiser et Klauer (1999)
Des poissons-poissons doivent effectuer deux tâches de rappel: un rappel de lettres et une tâche de Corsi(suivi de points). Un groupe contrôle a la petite paix. Un deuxième doit effectuer une suppression de la boucle articulatoire et un troisième doit appuyer sur quatre boutons en alternance (suppression du scribe interne).
Résultats
Unité de gestion centrale
L’unité de gestion centrale, aussi appelée «administrateur central ou système exécutif central», gère les autre smodules de la MCT. Elle coordonne l’allocation de ressources attentionnelles pour une réponse adéquate. Elle est en charge des processus cognitifs et doit établir un comportement adéquat selon les circonstances.
En 1996, Baddeley (oui encore lui, à moins que ce ne soit pas toujours les mêmes Baddeley…) a décomposé l’unité de gestion centrale en quatre fonctions exécutives à la base du contrôle de la cognition:
- Effectuer plusieurs tâches simultanément
- Alterner entre différentes stratégies
- Focaliser sur un stimulus en inhibant les autres.
- Gestion de la MLT
Dans le domaine de la neuropsychologie, un certain Shallice a, en 1988, développé le système attentionnel superviseur (SAS) à partir de données neurologiques.
Cependant, qu’est-ce qui contrôle le contrôleur(l’Unité de gestion centrale) ? D’ailleurs, selon le principe de parcimonie, serait-il possible de réduire le nombre de modules? Le modèle de Braddeley ne propose aucun mécanisme pour les stimuli audio-spatiaux et selon lui, l’oubli est dû à l’estompage, mais pourtant l’interférence semble plus encline à provoquer l’oubli, comme dans ce prochain bloc:
L’oubli en MCT
Comme nous l’avons déjà vu, l’oubli peut être causé par deux choses: l’estompage dans le temps ou l’interférence.
Étude de l’estompage avec la tâche de Brown-Peterson
Pour démontrer l’oubli par estompage, il faut éliminer la boucle articulatoire des poissons-poissons pour que l’oubli soit causé par le temps qui passe. De plus, cette tâche de distraction doit être de nature différente que la tâche principale pour ne pas induire un oubli par interférence.
Étapes de l’expérience:
- Une liste de trois lettres est montrée à des poissons-poissons dans le but d’un rappel.
- Tâche de distraction: les poissons-poissons doivent, pendant un intervalle entre 1 et 30 secondes, faire un compte à rebours à haute voix pour causer la suppression de la boucle articulatoire.
- Finalement, les poissons-poissons peuvent effectuer le rappel.
Un certain Reitman(pas Yvan Reitman, réalisateur de Ghostbusters) en 1971 a varié la nature de la tâche de distraction de la tâche de Brown-Peterson:
- Détection d’un son de faible intensité: le taux de rappel n’est pas affecté.
- Identification de la présence de la syllabe TO parmi les DO (tâche auditive): diminution de 25% du taux de rappel
- Dans la tâche d’origine, le compte à rebours réduit de 65% à 70% le taux de rappel.
Le fait que la performance pâtis en fonction de la distraction pointe vers la confirmation que l’oubli est davantage, sinon totalement, causé par interférence. Sinon, toutes les tâches de distractions auraient causé le même taux d’oubli.
Cependant, ces résultats ont donné naissance à une hypothèse alternative: peut-être que ces différentes tâches de distraction ne supprime pas totalement la boucle articulatoire.
L’oubli par interférence
Selon cette théorie, l’oubli serait causé par l’interaction d’éléments en MCT.
Interférence rétroactive: les nouveaux stimuli effacent ceux stockés en MCT.
Interférence proactive: les éléments en MCT parasitent les nouveaux entrant.
Personnellement, je déteste cette appellation et j’ai tendance à les intervertir. Une rétroaction est une action sur soi, donc une interférence rétroactive devrait être une interférence causée par les stimuli déjà en MCT, il y a action sur soi et ce n’est pas l’interférence qui agit sur elle-même. Comme la proaction est l’action d’un agent sur son environnement, l’interférence proactive devrait être l’interférence des stimuli entrants actifs. Je lance l’idée, pourquoi ne pas appeler ça l’interférence active (les stimuli entrants effacent ceux déjà là = interférence rétroactive) et l’interférence passive (les stimuli déjà sur place causent l’oubli des entrants = interférence proactive). On mélange souvent ces deux concepts: actif et passif. Quoi de plus passif qu’un actionnaire et quoi de plus actif que la passion (oui, étymologiquement, «passif» et «passion» sont de même racine et les deux se réfèrent à la souffrance)? Alors les actionnaires passifs projettent proactivement et rétroactivement leurs souffrances sur les passifs actifs. Et tout ça est de mon action, mais c’est vous qui me créez passivement. Je suis la projection inconsciente que vous vénérez de gré ou de force.
Expérience de Keppel-Underwood (1962)
Pour tester l’interférence proactive (ou interférence passive, je vais vous la rentrer dans la gorge!), un chercheur a fait faire 3 fois d’affilée à des poissons-poissons une tâche de Brown-Peterson avec des comptes à rebours de 3, 9 ou 18 secondes.
Résultats
La performance diminue selon le nombre d’essai. Au premier essai, lorsque leur mémoire est vierge, les poissons-poissons ont un score presque parfait. Plus le délai de la tâche de distraction est grand, plus l’oubli augmente, ce qui permet une plus grande interférence.
Expérience de Wickens, Dalezman et Eggmeier (1976)
Ces trois lurons aux noms compliqués ont effectué un test modifié de Brown-Peterson. Encore basée sur 3 essais (+ un 4ème caché à la fin), les listes de rappels étaient constituées de mots de différentes catégories: fruit, légume, viande, fleur et profession.
Résultats
La performance (pour la liste de fruits) diminue d’essai en essai, comme prévu, à cause de l’interférence proactive. Plus il y a d’items dans la mémoire, plus il y a d’interférence.
Lors du 4ème essai, plus la catégorie différait de celle des fruits, plus le rappel était efficace, causé par un relâchement de l’interférence proactive(ou relâchement de l’interférence passive). Ceci serait parce que les caractéristiques sémantiques en MLT aident au rappel.
Le degré d’interférence est donc relatif à la similarité des informations nouvelles en fonction de celles en MCT.
Estompage ou interférence (Waugh et Norman (1965))
Ces deux chercheurs ont développer une tâche pour déterminer si l’oubli était causé par l’estompage ou l’interférence. On présente une série de 16 chiffres un à la suite de l’autre à des poissons-poissons. À la fin, un son indique la fin de la séquence, déterminant ainsi le «chiffre-sonde». Le poisson-poisson doit donc dire le chiffre, dans la séquence, qui suit le chiffre-sonde.
Par la suite, les chercheurs ont manipulé la position du chiffre-sonde dans la séquence pour mesurer le nombre d’item interférent entre la réponse et la fin de la séquence.
94562167836357298 beep
Réponse: 3
Nombres d’interférents: 6
94562867836317291 beep
Réponse: 3
Nombres d’interférents: 2
Également, ils ont manipulé le temps pour prononcer la séquence, la lisant plus vite ou plus rapidement, ce qui change le temps de délai entre la réponse et la fin de la séquence.
1 item/sec: 94562167836357298 beep
Délai entre sonde et réponse: 6 secondes
4 items/sec: 94562167836357298 beep
Délai entre sonde et réponse: 1.5 secondes
Résultats
Le nombre d’items interférents affecte davantage le taux de bonnes réponses que le temps écoulé, ce qui tend à démontrer que l’oubli est causé par l’interférence rétroactive.
Conclusion
Ainsi donc, l’oubli en général serait causé par interférence, autant proactive que rétroactive.
Mémoire long terme
La mémoire long terme se distingue de la court terme sur plusieurs aspects. La MCT peut se souvenir momentanément d’une adresse le temps de l’entrer dans un GPS, tandis que la MLT permet de se souvenir de l’adresse toute sa vie, ou longtemps en tous cas.
Mémoire court terme
- Moment présent
- Faible capacité
- Trace de quelques instants sans recours à l’auto-répétition.
Mémoire long terme
- Tout notre passé, ce conte de comptes.
- Voûte permanente de toutes les connaissances, les concepts, les événements, etc.
La distinction entre la MCT et la MLT a été établie grâce à des mesures empiriques:
- Nature du code différente: phonétique VS sémantique.
- Durée de la trace différente: environs 2 secondes VS permanente.
- Nombre d’item analysable: 7 items VS infini.
- Effet de récence et de primauté dans les rappels.
- Observations en neuropsychologie
L’effet de récence et de primauté est flagrant lors d’un exercice de rappel sériel:

Effet de récence grâce à la MCT / Effet de primauté grâce à la MLT
Expérience de récence et délai par Glanzer et Kunitz (1966)
Ces deux chercheurs ont voulu déterminer l’effet d’un délai entre la présentation des stimuli et le rappel; une batterie de tests avec aucun délai, une autre avec délai de 10 secondes et une dernière de 30 secondes.
Expérience de la double tâche (Baddeley et Hitch (1974))
Dans un premier lieu, cette expérience n’est qu’un vulgaire test de rappel libre de mots. Cependant, il y a aussi un rappel sériel de chiffre à effectuer; chiffres qui apparaissent avant les mots et qui doivent être retenus en mémoire pour être eux aussi rappelés à la toute fin. Cette expérience a été effectuée avec différentes charges mnémoniques:

Résultats

- La charge mnémonique n’a pas d’influence sur la récence.
- L’effet de primauté est influencé par la charge mnémonique.
- La charge mnémonique inhibe l’auto-répétition des mots.
Primauté et fréquence(normalité) des mots (Sumby (1963))
Ici, un chercheur a mesuré les performances à des tâches de rappel avec des mots banals et avec des mots complexes. Le but était de vérifier l’effet de la mémoire long terme dans le rappel.

La primauté est donc très affectée lors du rappel de mots complexes, bizarres ou inconnus.
Primauté et amnésie (Baddeley et Warrington (1970))
Ici, les chercheurs ont voulu tester la mémoire des poissons-poissons amnésiques VS des normaux. Puisque l’amnésie est un problème de MLT, les chercheurs ont voulu tester avec un test de rappel libre si l’effet de primauté serait différent entre les deux groupes, puisque ce phénomène est lié en théorie à la MLT.

Les deux groupes ont un effet de récence semblable, mais l’effet de primauté est moindre avec les amnésiques. Vous êtes tous amnésiques, ayant oublié votre symbiose naturelle.
Primauté et récence
Primauté
- Liée à l’auto-répétition de type II (élaboration).
- L’auto-répétition permet un transfert de la MCT à la MLT.
- Liée à la récupération en MLT.
Récence
- Liée à l’auto-répétition de type I, affectée si l’auto-répétition est suppressée.
- Aucun transfert vers la MLT, donc faible rétention d’information
- Lié à la récupération en MCT.
Neuropsychologie: Étude de cas
Selon Baddeley(toujours lui)(1990), les dissociations constatées chez les poissons-poissons victimes de lésions cérébrales est une preuve de la distinction entre MCT et MLT.
Cas de H.M
H.M. a subi une intervention chirurgicale au cerveau pour diminuer son épilepsie(amygdale et hippocampe) et, comble de malheur, s’en est sorti avec une amnésie antérograde. Pourtant, toute tâche demandant l’apport de la MCT est effectuée avec brio, mais H.M. ne peut plus rien encoder dans la MLT.
Cas de K.F.
K.F., pour sa part, a subi des lésions aux régions pariéto-occipitales gauches. Désormais, son empan de MCT est de seulement deux items, causant des troubles d’élocution. Cependant, il peut encoder sans problème des nouvelles informations en MLT.
Critique de la dissociation des mémoires
La distinction entre MCT et MLT est critiquée par plusieurs chercheurs avec ces arguments:
- L’effet de récence est observable en rappel d’éléments en MLT: par exemple, lors d’une expérience de rappel des noms de présidents, les plus récents sont mieux rappelés que les anciens. Plus l’information a été encodée récemment par la MLT, mieux les poissons-poissons peuvent la récupérer.
- La lecture et la parole demandent un transfert incessant entre MCT et MLT, ce qui ne serait pas possible si les deux mémoires étaient des modules différents. La mémoire sémantique (située dans la MLT) est très sollicitée lors de ces deux activités, mais l’encodage des MCT et MLT est trop différent pour permettre de telles activités, et pourtant, j’écris et vous lisez.
- Comment K.F. fait-il pour encoder l’information dans sa MLT si le passage en MCT est obligatoire pour l’encodage? Selon les données, sans MCT, pas de passage la MLT. Et pourtant, K.F. a une MLT normale avec une MCT défaillante.
Ainsi, selon plusieurs chercheurs, les caractéristiques des stimuli (format, durée) déterminent quels types de traitement seront activés ou pas, et non pas que les stimuli sont analysés dans différents «endroits distincts». Une information traitée sur le plan sémantique est plus durable que si elle n’est traité sur le plan phonologique. Donc la durabilité de la trace mnémonique serait déterminée par le type de traitement plutôt que par le module de la mémoire en fonction.
Le modèle de Tulving (1983)
Ce modèle subdivise la MLT en trois modules: la mémoire épisodique, la mémoire sémantique et la mémoire procédurale.
La plupart des expériences ont tenté de démontrer la distinction entre la mémoire épisodique et la sémantique dans le but de clarifier les processus d’encodage et de récupération.
Maintenant, il est temps de passer au sixième corpus: Encodage et décodage du kodex







