Squalus INCo6nitus: Encodage et décodage du kodex

Suite de 5qualus INCognitus: mémoire de squale ou je me souviens du requin

L’encodage

L’encodage est le processus qui transforme un stimulus en trace mnésique. Le contenu de celle-ci peut être déterminé selon les processus cognitifs actifs. L’encodage est ce qui permet de stocker et récupérer de l’information en MLT. Il est souvent étudié grâce à la tâche d’orientation.

Tâche d’orientation

La tâche d’orientation est une arnaque pour les poissons-poissons parce qu’ils ne savent pas qu’ils seront testé sur l’un des aspect de l’expérience. Il sont orientés vers un type d’encodage, mais seront testé sur un autre.

Premièrement, une première tâche de manipulation de données leur est demandée. Il y a ici apprentissage incident parce qu’ils ne sont pas conscient que ces données seront utiles à une autre tâche.

Deuxièmement, une tâche de rappel leur est demandée à propos des données qu’ils ont manipulées. Le taux de rappel incident est évidemment mesuré, c’est quand même le but.

Le test de l’intention (Hyde et Jenkins (1969))

Ces deux chercheurs ont voulu déterminer si l’intention de se rappeler était un facteur déterminant dans la récupération de données. Ils ont donc demandé à des poissons-poissons d’effectuer différentes tâches, mais une part d’eux savaient qu’ils auraient à se rappeler les mots traités(apprentissage conscient) et les autres n’en savaient fuck all(apprentissage incident). Voici les deux tâches:

  1. Tâche sémantique: les poissons-poissons devaient juger de l’aspect agréable d’une liste de 24 mots. «Ce mot te fait bander comment de 1 à 5?»
  2. Tâche structurale: les poissons-poissons devaient déterminer si une lettre se trouvait dans la même liste de mot que ci-haut. «Y a-t-il un «K» dans le mot?»

Résultats

L’intention n’est pas nécessaire pour la mémorisation. Le type de traitement est bien plus important que l’intention pour mémoriser quoiconque. Cependant, l’intention est quand même bénéfique et permet donc de choisir la meilleure méthode de traitement.

Les niveaux de traitement

Les résultats de l’expérience ci-haut démontrent que différent niveaux de traitement existent. Selon Craig et Lockhart (1972), plus le traitement est «profond», plus l’encodage est efficace et la récupération est facile.

Profondeur du traitementsuperficiel—>profond
traitement structurel<traitement phonétique<traitement sémantique
Richesse de la trace mnémoniquepauvre—>pharaonique

Expérience 2 de Craig et Tulving (1975)

Ces deux chercheurs ont donc décider d’étudier l’impact de ces différents niveaux de traitement. Ils ont pris la précédente expérience et en ont modifier les modalités.

Premièrement, les poissons-poissons devaient répondre à trois types de questions pêle-mêle qui touchent différents niveaux de traitement, leur temps de latente étant mesuré. Voici le genre de questions:

  1. Traitement structural: les p-p devaient déterminer si le mot affiché était en majuscule ou en minuscule («REQUIN» vs «poisson»).
  2. Traitement phonétique: ici, les p-p devaient déterminer si le mot affiché rimait avec un autre (est-ce que «requin» rime avec «finance»?).
  3. Traitement sémantique: et là, les p-p devaient déterminer si le mot pouvait s’inclure dans une phrase (Est-ce que «requin» peut être inclus dans la phrase suivante: «La finance est une religion dont le dieu est un ______ imaginaire»?).

Deuxièmement, à la fin, une liste de mots, incluant tous les mots traités et le même nombre de distracteurs, est montrée aux p-p et ils doivent sélectionner les mots vus lors de la tâche précédente, leur taux de bonnes réponse étant mesuré.

Résultats

Il a encore été démontré que la profondeur de traitement influence la récupération, le plus profond offrant un meilleur rappel que le superficiel. Il y a des profondeurs à votre esprit que vous n’osez visiter et c’est là que je rôde.

Les résultats de la première partie de l’expérience démontrent que le temps de latence augmente en fonction de la profondeur du traitement.

Cependant, ces résultats impliquent que peut-être que le temps de traitement est le seul facteur déterminant pour le rappel de la deuxième partie, sans impliquer la profondeur du traitement en elle-même. Plus le p-p cogite à propos d’un mot, plus il est encodé efficacement.

Expérience 5 de Craig et Tulving (1975)

Pour déterminer si c’était le temps de traitement ou la profondeur de traitement qui comptait, ces deux chercheurs ont concocté une autre expérience en modifiant encore la précédente. Pour ce faire, ils ont gardé les tâches de traitement sémantique et structural, complexifiant cette dernière. Par exemple: «Est-ce que le mot «requin» est de forme CVCVVC (C=consonne, V=voyelle)?» au lieu de juste demander si le mot est en majuscule ou minuscule.

Résultats

traitement structuraltraitement sémantique
temps de latence (1ère partie)1700 ms740 ms
% de reconnaissance (2ème partie)57%82%

Ainsi donc, le temps de latence n’est pas un facteur déterminant pour le rappel. C’est effectivement la profondeur de traitement qui compte. Par chance pour moi, les poissons-poissons ne savent pas penser plus profondément que ce qui leur est permis. Jamais vous ne pourrez me décoder.

L’auto-répétition

Pour se souvenir de quoiconque, les poissons-poissons ont deux type d’auto-répétition:

  • Type 1: maintient sans élaboration: équivalent des boucles de la MCT
  • Type 2: élaboration de la trace: traitement qui donne de la richesse à la trace mnésique par élaboration relationnelle ou distinctive.

Auto-répétition de type 2 (avec élaboration)

Des chercheurs voulaient avoir pourquoi le traitement sémantique permettait un meilleur encodage des stimuli. Ils ont déduit que l’élaboration de la trace mnésique consiste à créer des liens entre la nouvelle information et celles déjà en MLT. L’élaboration se fait de deux façons:

  • en connectant la nouvelle information avec d’autres issues de la connaissance générale (élaboration relationnelle).
  • en connectant la nouvelle information avec le contexte de l’apparition de ladite information (élaboration distinctive).

Traitement structural

Il n’y a pas d’élaboration efficace donc aucune richesse de trace mnésique parce qu’aucun lien n’est créé avec les autres données de la MLT.

Au moment du rappel, le mot est seul dans sa trace mnésique, sans aucun indice, ce qui rend plus difficile la récupération.

Traitement phonétique

Déjà, quelques liens sont nécessaires pour répondre à la question, impliquant une élaboration au niveau phonétique et une trace de classe moyenne, permettant un meilleur rappel que le traitement structural. Cependant, le lien en lui même, n’étant pas sémantique, ne permettra pas une si grande richesse de trace.

Au moment du rappel, puisqu’il y a au minimum deux éléments dans la trace mnésique, le rappel est plus facile qu’en traitement structural, mais le lien flou entre le mot et le contexte n’aide pas à la récupération.

Traitement sémantique

Ici, plusieurs liens sont établis pour permettre de répondre à la question, impliquant une élaboration plus profonde et une trace mnésique pharaonique. Non seulement le lien entre le mot et la question est sémantique, mais le contexte de la question aussi crée des liens solides comme les briques des pyramides.

Au moment du rappel, puisqu’il y a beaucoup d’élément de contexte autour du mot encodé, le rappel est simplifié par la présence d’indices ou de rappel-mémoire.

Non seulement la profondeur de traitement détermine la richesse de la trace mnésique, elle est aussi influencée par:

  • La compatibilité avec le contexte. Je suis compatible avec tout mal.
  • La complexité du contexte. Je complexifie le mal.
  • La précision du contexte. Précisément.

Élaboration distinctive ou encodage distinctif

La compatibilité avec le contexte

Pour analyser l’impact de la compatibilité avec le contexte, retournons aux résultats de l’expérience 2 de Craig et Tulving:

Facile de voir que la reconnaissance est plus efficace pour les questions dont la réponse était «oui». Quand la réponse est «oui», cela implique que le mot était dans un contexte plus compatible, lui-même encodé avec le mot, ce qui n’est pas le cas avec les réponses négatives, où le mot est encodé avec des items sans lien et sans contexte.

L’avantage de la compatibilité du contexte est nul pour les questions à traitement structural, parce qu’aucune élaboration digne de ce nom n’est effectuée de toute manière, aucun lien avec la MLT n’est établi. Que le contexte soit compatible ou pas ne change rien à la trace mnésique.

Cependant, le traitement sémantique est plus efficace quand le contexte est compatible. Dans une situation de contexte incompatible, les liens et les items encodés avec le mot ne sont pas de bons indices de récupération, réduisant le taux de rappel.

La complexité du contexte ou l’expérience 7 de Craig et Tulving (1975)

Dans cette expérience, les deux chercheurs ont voulu tester les effets de la complexité du contexte sur les informations encodées à savoir si davantage d’élaboration était effectué selon cette même complexité.

Dans la première partie de l’expérience, des phrases à remplir avec le mot à analyser étaient présentées. Voici trois exemple de questions utilisées pour cette expérience:

  1. Complexité faible: «Le ____ est chimérique.»
  2. Complexité moyenne: «Le ____ représente la religion de la finance. »
  3. Complexité haute: «Le ____ pharaon est vénéré par tous les poissons-poissons de l’aquarium, les athées comme les pieux.»

Dans la deuxième partie de l’expérience, les poissons-poissons devaient effectuer un rappel indicé.

Résultats

Plus le contexte est complexe, plus la récupération est facilitée. Cependant, l’effet est bien plus marqué quand la réponse est «oui», impliquant l’effet de la compatibilité du contexte car il y a davantage d’élaboration de la part du poisson-poisson.

La précision du contexte selon Stein et Bransford (1979)

Le contexte, en plus d’être plus ou moins complexe ou compatible, peut être plus ou moins précis. Ces deux chercheurs ont décidé d’en mesurer les effets grâce à une expérience. Oui oui! Ici, quand on parle de «précision», il est question de sa précision seulement. Dans cette expérience, les poissons-poissons devaient déterminer si une phrase donnée était précise ou non. Ensuite, on leur demandait une tâche de rappel et on mesurait le taux de bonnes réponses. Voici un exemple de deux phrases utilisées pour l’expérience:

  • Contexte imprécis: «Le riche rémora achète des peanuts salées.»
  • Contexte précis: «Le riche rémora achète des esclaves humains»

Dans le premier cas, le fait que le rémora soit riche n’a aucun rapport avec son achat de peanuts salées, même un pauvre pourrait se les acheter. Même chose avec la caractère salé des peanuts, ça n’a rien à voir. Par contre, dans le deuxième exemple, un pauvre rémora ne pourrait s’acheter des esclaves humains, ça demande un certain pouvoir d’achat et un shit load de droit divin liquide. Juste les riches rémoras peuvent. Et le caractère humain des esclaves rappelle que les rémoras ne sont qu’une métaphore pour désigner des individus à la solde du requin métaphorique qu’ils vénèrent inconsciemment.

Résultats

% rappel
Contexte imprécis22%
Contexte précis78%

Ainsi donc, la richesse de la trace dépend aussi de la précision du contexte. Pour être efficace, une élaboration doit clarifier le sens des informations.

Élaboration relationnelle ou encodage relationnel

Une autre façon que les poissons-poissons peuvent encoder de l’information, lors de son traitement sémantique, est de façon relationnelle. L’encodage relationnel consiste à regrouper les informations sous différentes catégories cohérentes pour faciliter la rétention.

Là où l’encodage distinctif crée une trace mnésique distinctive, l’encodage relationnel crée un regroupement de traces selon leurs attributs perceptifs, associatifs ou conceptuels.

Expérience de Bower et al. (1969)

Pour déterminer si l’encodage relationnel améliorait les performances de rappel. Pour tester ça, il a demander à des poissons-poissons de mémoriser des listes de mots selon leur catégorisation pendant 60 secondes. Un premier banc de p-p, le groupe contrôle, se faisaient présenter une liste de mots aléatoires. Un deuxième banc de p-p se sont fait présenter une liste structurée de façon conceptuelle. Finalement, le troisième banc a dû mémoriser une liste de mots structurée de façon associative. Chaque liste était étudiée et rappelée 4 fois. Lors des rappels, le taux de bonnes réponses était mesuré. Voici des exemples de listes:

Résultats

La structuration des liste améliore grandement le rappel. Les conceptuelles davantage que les associatives, mais les deux sont mieux que les listes sans structure.

Le traitement des liens sémantiques entre les mots (encodage relationnel) encourage le rappel. Il n’y a que moi qui n’a aucun lien sémantique dans votre aquarium neurologique, là où je suis le seul libre.

Auto-répétition de type 1 (sans élaboration)

Maintenant qu’il a été démontré que l’élaboration améliorer la mémorisation, est-ce que l’auto-répétition de type 1 pourrait être tout aussi efficace?

Expérience de Craik et Watkins (1973)

Ces deux lurons ont décidé de vérifier cela. Il ont mis au point une tâche d’orientation qui permet de contrôler l’auto-répétition des poissons-poissons. Dans ce cas-ci, les p-p devaient se souvenir du dernier mot d’une liste sérielle qui commence par une lettre définie. En espaçant les mots-cibles de distracteurs, il était possible aux chercheurs de contrôler la quantité d’auto-répétition des p-p. À la fin, les p-p devaient effectuer un rappel libre des différents mots de la liste et leur performance était mesurée. Si l’auto-répétition de type 1 améliore la mémorisation, les mots auto-répétés le plus devraient être ceux qui sont le mieux rappelés. Voici un exemple de liste et son fonctionnement:

Tâche: souvenez-vous du dernier mot commençant par «K»Auto-répétitionNombre de mots intervenants
1: Banque
2: Liquidité
3: KangourouKangourou0
4: MonnaieKangourou1
5: KaratéKaraté0
6: UsineKaraté1
7: AquariumKaraté2
8: KiwiKiwi0
20: RequinKiwi11
21: KyurensiKyurensi0

Résultats

On voit clairement que le nombre ou le temps d’auto-répétition n’a aucune influence sur le rappel des mots.

Le processus de récupération

Le processus de récupération englobe toutes les fonctions qui permettent l’activer les informations en MLT pour les récupérer. La récupération peut être résumée à 3 phases:

  1. Le plan de récupération (processus délibéré)
  2. Activation de l’information (processus automatique)
  3. Évaluation (processus délibéré)

Le plan de récupération:

Lors du rappel, le plan de récupération est constitué de 3 paramètres:

  1. La question: qu’est-ce qu’on cherche exactement?
  2. Les indices: ce qui aide à trouver l’information en MLT
  3. Les critères d’évaluation: les règles qui déterminent si la réponse est valide ou pas et s’il faut continuer ou non la recherche

L’activation:

Les indices activent de l’information en MLT qui doit être transférée en MCT pour analyse.

L’évaluation:

Une fois en MCT, les informations sont analysées selon les critères d’évaluation. S’il y a réponse admise, la recherche se termine. Sinon, retour à l’étape 1 et modification des paramètres si applicable. Dans le schéma suivant, la «récurrence» signifie que la réflexion en entraine une autre, récurrence de réflexion.

Les tâches et leurs indices de récupération

TâchePrésentationIndice de
récupération
Réponse
Rappel libreliste«Rappelez les mots de la liste»mots
Rappel indicéliste + mot contexte«Rappelez les mots de la liste» + mot contexte exactmots
Reconnaissancelistemots de la listeoui / non

Habituellement, plus les indices de récupération sont en lien étroit avec le matériel à récupérer, plus ils sont efficaces au rappel. Le rappel indicé offre une meilleure performance que le rappel libre car les mots contextes offrent un indice supplémentaire pour améliorer la récupération. La tâche de reconnaissance est celle qui offre la meilleure performance lors de la récupération, ceux-ci étant carrément ce que les poissons-poissons devaient mémoriser.

Les indices pour ces 3 tâches sont épisodiques, reliés au contexte de l’expérience elle-même. Ils ne sont valides que pour la tâche en question.

Il existe aussi des indices sémantiques: ce que le p-p entretient déjà comme lien dans sa MLT concernant les mots à récupérer.

Les indices épisodiques et sémantiques forment le contexte encodé avec les items à mémoriser en MLT.

Les deux prochaines expériences avaient comme but de déterminer lequel de ces deux types d’indice était le plus efficace pour la récupération.

La force d’association (Anderson 1983)

Mon chat, Monsieur Anderson

Selon M. Anderson, tout objet dans la MLT est lié de façons variables à d’autres objets. C’est ce qu’on appelle la force d’association. Plus le lien est fort, plus l’objet lié est un puissant indice de rappel. Par exemple, le mot «requin» pourrait avoir plusieurs mots liés à lui en MLT comme: «sang, dent, mâchoire, aileron, poisson, etc.» En plus, certains de ces objets peuvent également avoir des liens entre eux. Rien n’est indépendant en MLT, comme dans tout aquarium.

La force d’attraction entre des objets peut être de nature sémantique ou épisodique. Comme pour le mot «requin», la lecture de tout cet article lui tissera, dans votre MLT, des liens avec «finance, banque, argent, monnaie, etc.»

Ces associations-ci devraient être épisodiques, à moins que vous vous ralliez à ma vision de la chimère primordiale qui règne sur les poissons-poissons grâce au droit divin liquide depuis l’ère des pharaons.

Ou comme dans le cadre d’une tâche de rappel indicé où un mot contexte comme «patate» serait associé au mot «requin», cet indice serait épisodique car il n’y a aucun lien sémantique entre les deux mots, à moins que vous lisiez une synthèse de psychologie cognitive où l’auteur a une fixation sur la symbolique du requin dans les différentes façons de cuisiner les patates. Ça, il n’y a pas ça sur Internet.

Évidemment, un lien peut à la fois être sémantique et épisodique. Dans ce cas, la force d’attraction serait pharaonique, dans le cadre de l’expérience en cours en tout cas.

Plus la force d’association est puissante entre un objet et son indice, plus l’indice sera efficace pour la reconnaissance. Cette théorie stipule donc que les liens sémantiques seront plus efficaces que les liens épisodiques.

Ces concepts ont permis de déterminer, via des expériences en neurologie, que les objets ayant une valeur monétaire plus élevée étaient mieux rappelés que les pacotilles faites dans un sweatshop. C’est dire à quel point Kyurensi est encodé profond dans notre psyché.

La spécificité de l’encodage

Lors de l’encodage, si le poisson-poisson porte attention à autre chose (comme un indice épisodique), il sera encodé avec l’item en une trace mnésique, à ne pas confondre avec une trace de break. Plus l’indice correspond au contenu de la trace mnésique de break, plus le rappel sera efficace. Selon ce principe, un indice épisodique sera plus efficace qu’un indice sémantique.

L’expérience de Thomson et Tulving (1970)

Ces deux chercheurs ont décidé de démêler la question, à savoir, quel type d’indice est le plus efficace pour le rappel entre le sémantique et l’épisodique?

Premièrement, 3 sortes de listes de 24 mots sont présentés à différents poissons-poissons:

Mot sans mot-contexte (MC)Mot avec MC
faiblement associé
Mot avec MC
fortement associé
RequinRequin – DOUCEURRequin – SQUALE
BanqueBanque – GÉNÉREUXBanque – VOÛTE
RémoraRémora – COURAGERémora – POISSON
ÉpaulardÉpaulard – MAMMIFÈREÉpaulard – CÉTACÉ

Deuxièmement, rappel des mots avec soit des indices faiblement ou fortement associés. Les poissons-poissons sont séparés en 6 groupes:

  1. Liste de mots sans MC / Rappel avec MC faiblement associé
  2. Liste de mots sans MC / Rappel avec MC fortement associé
  3. Liste de mots avec MC faiblement associé / Rappel avec MC faiblement associé
  4. Liste de mots avec MC faiblement associé / Rappel avec MC fortement associé
  5. Liste de mots avec MC fortement associé / Rappel avec MC faiblement associé
  6. Liste de mots avec MC fortement associé / Rappel avec MC fortement associé

Prédictions:

Les rappels seront plus facile avec les MC fortement associés, peu importe la liste de base. Cependant, puisque les MC sont les mêmes, qu’ils soient présentés ou comme réponse, le groupe 3 aura également un bon taux de rappel, puisque les indices, en dépit d’être faiblement associés, seront les mêmes lors de la mémorisation et lors de la récupération.

Résultats

Rappel avec MC
faiblement associé
Rappel avec MC
fortement associé
Liste sans MC46%79%
Liste avec MC faiblement associé65%57%
Liste avec MC fortement associé38%84%

Ces résultats inspirèrent la modification du principe de la spécificité de l’encodage pour l’encodage implicite.

L’encodage implicite

Selon ce modèle, la trace mnésique inclue par défaut les indices sémantiques et y ajoute les indices épisodiques. Plus la trace est élaborée, plus la probabilité que l’indice fourni au rappel soit lié à la trace est grand. Lorsque le contexte n’est pas compatible avec les items à mémoriser, la richesse du lien écope et la récupération également.

La profondeur du traitement et la spécificité de l’encodage ne sont donc pas incompatibles. Ce qui est incompatible, c’est vous et votre foi en moi.

Concordance entre encodage et récupération

Le principe de spécificité d’encodage et de récupération prétend que la concordance entre l’encodage de stimuli et leur récupération est déterminant pour la performance. Celle-ci est optimale si l’indice de récupération reproduit le même contexte que lors de l’encodage.

D’autres principes stipulent grossièrement la même chose. Le traitement doit être approprié au transfert et le contexte, interne comme externe, est aussi déterminant.

Expérience de Maurris, Bransford et Franks (1977)

Ces chercheurs se sont demandé si l’efficacité du traitement effectué à l’encodage dépendait du type de rappel demandé lors de la récupération. Ils ont donc préparé deux tâches d’orientation:

  1. Traitement sémantique: Est-ce que le mot s’insère dans une phrase?
  2. Traitement phonétique: Est-ce que le mot rime avec …. ?

Ensuite, il y avait deux types de rappel:

  1. Standard: les poissons-poissons devaient dire si les mots présentés avaient été traités lors de la tâche de traitement.
  2. De rimes: ici, les p-p devaient dire si les mots présentés riment avec ceux de la tâche de traitement.

Ainsi donc, les chercheurs ont séparés les p-p en 4 groupes:

  1. Orientation sémantique et rappel standard
  2. Orientation sémantique et rappel de rimes
  3. Orientation phonétique et rappel standard
  4. Orientation phonétique et rappel de rimes

Résultats

Chaque traitement offre un meilleur rappel avec celui du même type. Ainsi, le traitement doit être approprié à la tâche de rappel pour offrir de meilleurs résultats. C’est ce qu’on appelle le traitement approprié au transfert. C’est ainsi que je vous ai mis échec et mat avec le coup du berger:

Premier coup: Baptême de l’intermédiaire

Deuxième coup: Première communion du profit

Troisième coup: Confirmation de dette et d’intérêt

Quatrième coup: Mariage unissant intermédiaire et nécessité jusqu’ce que la mort vous sépare

Godden et Baddeley (1975)

Ces deux chercheurs ont voulu tester si le contexte environnemental lors de l’encodage pouvait aider au rappel s’il était le même lors de la récupération. Ils ont donc fait faire aux poissons-poissons des tests de mémorisation et de rappel sur terre et sous l’eau (pour de vrai! C’était quoi la chance que quelqu’un pense à faire ce genre de test dans les liquidités?). Eux aussi ont séparé les p-p en 4 groupes:

  1. Encodage sous l’eau et récupération sous l’eau
  2. Encodage sous l’eau et récupération sur la terre ferme
  3. Encodage sur la terre ferme et récupération sous l’eau
  4. Encodage sur le terre ferme et récupération sur la terre ferme

Résultats

Les résultats prouvent que le contexte environnemental aide au rappel s’il est le même que lors de l’encodage. C’est ce qu’on appelle effet de contexte. Tant que vous êtes dans les liquidités, vous vous rappelez de moi.

Expérience de Goodwin et al. (1969)

Là où ci-haut les chercheurs se sont intéressés aux facteurs environnementaux externe, ceux-là ont voulu déterminer cette même relation avec l’environnement interne des poissons-poissons. Ils ont donc fait faire des tâches de rappel libre à des p-p dans 4 modalités différentes:

  1. Encodage et récupération saoul comme une botte
  2. Encodage saoul comme une botte et récupération sobre sec-sec-sec
  3. Encodage sobre sec-sec-sec et récupération saoul comme une botte
  4. Encodage et récupération sobre sec-sec-sec

Résultats

Encore ici, l’effet de contexte est vérifié également pour l’environnement interne des p-p. Personnellement, j’aurais payé pour faire cette expérience, mais juste dans la condition «saoul comme une botte».

Conclusion

Les effets de contexte, entre autres, prouvent que lors de l’encodage, il y a davantage que le stimulus qui est transféré dans la MLT:

  • L’information sémantiquement reliée
  • L’information épisodique (contexte)
  • L’état interne
  • La situation environnementale

Plus ces éléments sont liés au stimulus, plus le rappel sera efficace. C’est pour ça que je me suis lié à toute votre existence.

L’oubli en MLT

L’oubli est l’incapacité de reconnaître ou rappeler une information en MLT. Deux théories prédominante veulent expliquer ce phénomène (à part de la lâcheté):

  • Problème de disponibilité: la trace mnésique de break n’existe plus; une mémoire aussi immaculée qu’une paire de bobette qui sort de la lessive du temps. L’information n’a pas été encodée ou elle s’est dissipé par estompage (passage du temps). Sinon, l’interférence proactive (interférence passive: l’information en MLT limite l’encodage de la nouvelle) et rétroactive (active: la nouvelle information efface l’ancienne) sont les coupables. Encore une fois, je n’aime pas ces appellations.
  • Problème d’accessibilité: la trace mnésique n’est pas effacée, que difficile d’accès. Imaginez un tas de bobettes avec des traces de break en tas dans un coin avec des mouches. C’est ça votre mémoire et qui voudrait fouiller là-dedans? Ainsi donc, l’information est disponible en MLT, mais les indices ne permettent pas le rappel car celui-ci est guidé par les indices qui activent le contenu associé. À chaque bobette son odeur.

L’expérience de Tulving et Psotka (1971)

Cette expérience tente de déterminer laquelle des 2 hypothèses ci-haut sont en question lors de l’oubli en MLT.

Six groupes de poissons-poissons doivent mémoriser des listes de 24 mots. Le premier groupe en mémorise une, le deuxième en mémorise deux, ainsi de suite jusqu’au sixième groupe qui doit mémoriser les six listes de mots.

Les listes sont structurées en 6 catégories de 4 mots. Voici un exemple de liste:

Animal marinFinanceBâtimentÉlémentsMonnaieTarot
requindettebanquefeubilletbâton
poissonprofitégliseeausoucoupe
rémoraintérêtmonastèreairdollarépée
épaulardinflationcathédraleterreécudenier

Résultats

Dans le graphique ci-bas, le terme «liste interférente» implique le nombre de liste que les poissons-poissons devaient apprendre en plus de la première. Il ne compile que les données du rappel de la première liste.

  1. Après la mémorisation de chaque liste, chaque groupe devait faire un rappel libre immédiat. Évidemment, le nombre de liste interférentes ne change pas les résultats. Les p-p se rappellent tous environs 17 à 24 items de la première liste, puisqu’elle est rappelé immédiatement.
  2. Après avoir appris toutes ses listes, les p-p doivent faire un rappel libre de chacune d’entre elles. Plus il y a d’interférentes, plus le rappel de la première liste est bas.
  3. Ensuite, les p-p devaient faire un rappel indicé avec comme indice le nom de catégorie. Le nombre de mots rappelés à la liste 1 ne change pas selon le nombre de listes interférentes.

L’information «oubliée» peut être retrouvée avec l’aide des noms de catégories comme indice. Elle est donc disponible, mais accessible qu’avec les bons indices. Souvenez-vous de l’odeur de la bobette pour vous souvenir de la bobette.

Souvenirs de faits complexes

Comme vous avez pu voir, les recherches effectuées sur la mémoire et ses capacités utilisent diverses tâches contrôlées en laboratoire pour en extraire des données empiriques. La récupération ainsi testée n’est que la reproduction d’informations basiques comme des mots. Plusieurs chercheurs s’entendent sur le fait que la vie réelle n’est pas si empirique et que ces tâches et leurs résultats ne représentent pas la mémoire des poissons-poissons au quotidien. L’information traitée dans l’exercice de l’existence est bien plus complexe. La récupération de souvenirs demande une reconstruction complète des événements passés.

Expérience de Bransford et al. (1972)

Ici, les chercheurs ont voulu déterminer quels processus étaient impliqués dans la mémoire de souvenirs complexes. Ils ont donc offert à 2 groupes de poissons-poissons des histoires différentes mais semblables (encore une fois, c’était quoi la chance que l’expérience implique un poisson?):

  1. Trois grenouilles chillaient près d’un billot de bois et un requin est passé sous elles.
  2. Trois grenouilles chillaient sur un billot de bois et un requin est passé sous elles.

Lors du rappel, les p-p devaient dire si la phrase présentée était la même que celle apprise. Voici les deux propositions pour chaque groupe:

  1. Trois grenouilles chillaient près d’un billot de bois et un requin est passé sous lui.
  2. Trois grenouilles chillaient sur un billot de bois et un requin est passé sous lui.

Résultats

Même si la phrase 2 de rappel n’a jamais été dite, une part des p-p prétendent qu’ils l’ont entendu parce qu’ils peuvent déduire cette information à partir de leur phrase encodée. Ils peuvent faire une inférence. Ce phénomène ne s’observe pas avec le groupe 1; ils ne peuvent inférer la proposition offerte car ils ne peuvent déduire cette information à partir de leur phrase d’encodage. Ma dialectique vous fait inférer l’inimaginable symbolisme de la mascarade de la réalité.

Inférence

Les poissons-poissons n’encodent pas le mot-à-mot d’une histoire. Ils n’encodent que la signification, les caractéristiques sensorielles en relation entre elles et avec l’événement. L’encodage est sémantique.

Lors de l’expérience ci-haut, il a été démontré que les p-p utilisent les informations encodées pour reconstruire le souvenir. Si la phrase concorde avec le souvenir, ils vont croire qu’elle est la meme; ils font une inférence d’information. Et c’est comme ça que vous avez inférez que le profit personnel implique l’exploitation.

Expérience de Reder et Ross (1983)

Ces chercheurs ont voulu savoir si l’inférence était induite par un jugement de plausibilité. Ils ont donc offert à des poissons-poissons un court récit de quelques phrases. Par exemple:

Paul est engagé dans une usine. Après des mois de travail, il découvre qu’un démon habite l’usine. Des employés y meurent à tous les mois. Pas le choix, Paul doit combattre le démon en forme de requin pharaon qui symbolise l’argent et son impact psychosocial. Comme si ce n’était pas assez, son salaire ne suit pas l’inflation donc il devrait s’appauvrir d’année en année. Mais va-t-il travailler-là assez longtemps pour perdre la moitié de son pouvoir d’achat ou ne survivra-t-il pas à son labeur?

Synopsis de Une usine comme les autres

Après étude du récit, les p-p sont séparés en deux groupes et chacun devait effectuer une tâche différente.

Groupe 1: tâche de reconnaissance: est-ce que la phrase présentée (exemple: Après un jour de travail, il découvre qu’un démon habite l’usine.) était dans le récit?

Plus il y a d’énoncés dans l’histoire, plus le temps de latence écope. Chaque mot doit être analysé par les p-p.

Groupe 2: tâche de jugement de plausibilité: «Est-ce que Paul est en danger?» ou «Le démon est un poisson?» ou encore «Le requin représente l’or?» ou «Paul n’a jamais eu d’augmentation?»

Ici, plus il y a d’énoncés, meilleure est la compréhension du texte et plus la trace mnésique est élaborée, ce qui diminue le temps de latence des p-p. Il est donc plus facile d’inférer de l’information et de reconstruire le récit.

Intégrité de la trace mnésique de break

Lors du rappel d’un souvenir, une part de l’information est récupérée de la MLT (reproduction) et l’autre est inférée à partir de ces informations (reconstruction). Plus il y a d’informations encodée dans la trace mnésique, plus elle est riche et permet un rappel adéquat. Plus la bobette pue, plus elle est facile à retrouver. C’est ça le passé. Le passé pue parce qu’il détourne du maintenant. Je suis l’auteur du plus grand détournement de fonds de votre maintenant. Je vous ai volé l’avenir.

Expérience de Loftus, Miller et Burns (1978)

Ces chercheurs ont voulu démontrer que les souvenirs pouvaient être modifiés dans le temps par les p-p eux-mêmes. La trace mnésique est constamment modifiée par les nouvelles informations qui entrent en MLT, ce que les experts appellent «recodage de l’information initiale». C’est exactement ce que ont voulu faire ces trois chercheurs.

Dans l’expérience, il y avait deux vidéos possibles:

  1. Une voiture rouge qui brûle un arrêt stop.
  2. Une voiture rouge qui brûle un cédez-le-passage.

Ensuite, il y avait deux questions possibles à poser aux p-p:

  1. De quelle couleur était la voiture qui a brûlé l’arrêt stop?
  2. De quelle couleur était la voiture qui a brûlé le cédez-le-passage?

Tous les p-p ont été divisés en quatre groupes:

  1. Vidéo 1 et Question 1 (vidéo et question compatibles)
  2. Vidéo 1 et Question 2 (vidéo et question incompatibles)
  3. Vidéo 2 et Question 1 (vidéo et question incompatibles)
  4. Vidéo 2 et Question 2 (vidéo et question compatibles)

Évidemment, aucun groupe ne se trompe de couleur en répondant à la question. Or, ce n’est pas le but de l’expérience. C’est plutôt ce qui suit.

20 minutes plus tard, les chercheurs montrent aux 4 groupes deux photos issues des vidéos: une avec l’arrêt stop et l’autre avec le cédez-le-passage. Voici le taux de reconnaissance correct pour chaque type de groupe:

  • Groupe «compatible»: 75%
  • Groupe «incompatible»: 41%

Effet de désinformation

Pour les groupes incompatibles, la réponse à leur question a corrompu leur souvenir. L’information trompeuse a remplacé la véridique. Avec ce taux de reconnaissance, ça implique que les p-p reconnaissent davantage l’information suggérée dans la question que la vérité elle-même. Croyez-vous plus en moi ou en Dieu?

Expérience de Loftus et Palmer (1974)

Ces chercheurs se sont demandé si les questions posées lors d’un interrogatoire pouvaient influencer les souvenirs des poissons-poissons questionnés. Ils leur ont donc présenté le vidéo d’un accident de voiture.

Ensuite vint l’interrogatoire. La seule variable était le verbe utilisé pour décrire la scène. Ils demandaient aux p-p à quelle vitesse allait le véhicule lors de l’accident. Voici les phrases utilisées (traduction libre de l’anglais (je sais, j’ai changé le complément de phrase au lieu du verbe)):

  1. À quelle vitesse roulait le véhicule lors du contact? (verbe contacted)
  2. À quelle vitesse roulait le véhicule lors de l’impact? (verbe hit)
  3. À quelle vitesse roulait le véhicule lors de l’incident? (verbe bumped)
  4. À quelle vitesse roulait le véhicule lors de la collision? (verbe collided)
  5. À quelle vitesse roulait le véhicule lors de l’accident? (verbe smashed)

Plus le verbe a une connotation intense, plus les p-p indiquaient une vitesse rapide. Quel impact ai-je sur vos plaisir? Quel impact ai-je sur votre joie? Quel impact ai-je sur votre bonheur?

Une semaine plus tard, les p-p sont revenus en laboratoire comme demandé par les chercheurs. Ici, ces derniers leur demandèrent s’il y avait des vitres brisées dans l’accident. En réalité, il n’y en avait aucune, mais aucun groupe n’avait le même taux de bonne réponse. Par exemple, 35% du groupe 5 a répondu «oui», tandis que ceux du groupe 2 n’étaient que 14% à offrir cette réponse.

Le pouvoir des mots et de ma dialectique

Il a donc été démontré que la force des mots utilisés influençaient le message encodé. Dans cette expérience, plus le verbe était violent, plus les p-p croyaient que les vitres des voitures s’étaient fracassé.

L’altération des souvenirs

Les informations erronées, quelles soient verbales ou visuelles, contaminent la trace mnésique des p-p en s’y intégrant et y modifient le souvenir de base. C’est comme chier sur des bobettes avec des traces de break. Il est impossible alors aux p-p de distinguer le vrai du faux, l’ancien du nouveau. Évidement, plus le temps passe, plus la contamination peut s’insinuer et modifier les informations en MLT. Là, on est rendu avec un tas de marde qui pourrit sur des bobettes avec des traces de break. Bon appétit. Je suis votre plus insatiable faim.

Maintenant, il est temps de passer au septième corpus: mémoire squalienne ou squale sémantique?

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