À essayer de faire lire mes écrits à propos de la géninomie à des gens, on m’a fait me rendre compte que c’était trop lourd, trop ésotérique et trop long. À ma défense, ma prémisse est que l’argent est une religion, c’est pourquoi toute ma cathédrale philosophique et artistique a pris un aspect religieux, mais laissez-moi vous rassurer : il n’y a pas plus laïque que le Kyurensi Kodex. Et j’implore votre pardon de ne pas avoir réussi de prime abord à résumer en moins de 15 pages une thèse philosophique qui discrédite 10 000 ans d’économie. Je devais prévomir tout ça pour m’y retrouver moi-même. Je me reprends ici. Alors, dans le but de vous servir prémâché la fin de l’argent sur un plateau d’argent, voici la géninomie sans aucun artifice. Bienvenue dans le Kyurensi Kodex.
C’est quoi la géninomie?
La géninomie sera l’envers de l’économie. Elle sera la réponse du peuple à l’irrationalité du marché et de la finance. À chaque mauvaise décision de l’élite, les gens pourront rectifier le tir en finançant de meilleures solutions aux problèmes en question. De cette façon, la politique et la finance ne seront plus des autorités monolithiques qui n’ont de comptes à rendre à personne, sans pour autant que nous aillions à nous fourrer le nez dans leurs affaires. La géninomie sera un système parallèle à l’économie et en sera une réaction éthique selon la volonté du peuple. Ce que les profiteurs de profits nous refuse, nous nous l’octroierons. Ce sera certainement la seule façon de libérer le genre humain du labeur excessif et inutile. Le plus beau là-dedans, c’est que cette révolution sera entreprise sans violences ou manifestations, les gens pourront y participer assis derrière leur ordinateur ou leur téléphone.
Le transrosaire
Grâce à la technologie blockchain, la géninomie permettra aux peuples de se créer du kapital là où il manque : indexation des salaires de métiers vitaux, compensation aux entreprises vitales, allocation de base universelle, et j’en passe. Je sais que les adeptes de cryptomonnaies ont ridiculisé la technologie blockchain en l’utilisant de façon immature, mais la géninomie ne suivra pas cette veine. Ce que vous devez savoir, c’est que la blockchain, que j’ai rebaptisée «transrosaire» pour me dissocier des cryptomonnaies, est un système qui permet d’établir un consensus valide entre différents nœuds de données, ce qui permet de tenir un registre comptable vérifiable et inviolable. Je n’entrerai pas dans les détails de ces attributs, mais je vous invite à vous informer si d’aventure vous doutiez de ces prétentions. Pour en revenir sur ce consensus, il est assez fiable pour faire craindre aux apôtres économistes de se faire remplacer comme source de confiance dans le système financier en réduisant les intermédiaires.
L’autre facette du transrosaire qui est révolutionnaire, c’est sa capacité à générer des items numériques uniques par preuve d’authenticité. De cette façon, il est possible de générer et stocker des documents infalsifiables comme des cartes d’identité et des passeports qui ne s’usent pas. Ainsi, cette technologie réduira grandement toute forme d’administration.
Le totem géninomique
Le totem géninomique sera l’identité numérique des gens. Il servira à entreposer l’argent du peuple (qui sera nommé kyurensi, mais je reviendrai sur ce point plus tard) et les documents sensibles, comme nous l’avons vu précédemment. Mais ce n’est pas tout. Le totem géninomique permettra également une participation citoyenne accrue aux décisions politiques. Directement sur leur téléphone ou leur ordinateur, les gens pourront signifier leur accord ou leur désaccord sur toutes les questions sociétales qui les touchent, sans avoir à espérer que le politicien qui les représente représentera les choix du peuple et non son propre agenda. Ainsi, de façon transparente et vérifiable par tout un chacun, les pouvoirs décisionnels auront des données exactes sur la volonté de leurs populations. Pour ceux qui ne voudraient pas avoir à gérer toute cette prise de décision, le totem permettra de la déléguer à une autre personne de confiance.
Pour nous prémunir de toute manipulation malhonnête, la notion de Great Reset pourrait être présente. Si trop de gens croient que la distribution de l’argent n’est pas équitable, ils pourront demander de remettre à zéro tous les comptes et repartir sur des bases neuves. J’ignore si cela serait sage ou juste, ou si cette notion même pourrait être utilisée pour profiter du système, mais l’idée est là.
Le 
C’est ici que le côté révolutionnaire de la géninomie se fera sentir. Le kyurensi sera la monnaie du peuple, à l’image de la chimère que nous tentons d’exorciser, son symbole étant le k avec deux barres.
La particularité révolutionnaire du kyurensi, c’est que sa valeur ne sera pas déterminée par l’offre et la demande. Faisant partie de la géninomie, et non de l’économie, il nous sera possible d’y poser de nouvelles lois plus justes et équitables. Ainsi donc, lors de la première émission de kyurensi, nous lui attitrerons une valeur de genèse, par exemple, 1 kyurensi vaudra 1 dollar US. Ensuite, grâce à l’IA et tous les indices financiers disponibles, le kyurensi fluctuera en suivant l’inflation. De cette façon, la «monnaie» du peuple ne perdra jamais sa valeur dans le temps. J’ai mis «monnaie» entre guillemets car le kyurensi sera davantage un moyen de paiement dont la valeur sera basée sur le consensus des gens à cet algorithme via leur totem géninomique, le tout transparent et vérifiable sur le transrosaire. Évidemment, ce nouveau pouvoir d’achat stimulera une hausse des prix dans l’économie, elle ne peut faire autrement. Alors, seules les monnaies fiduciaires perdront leur valeur, ce qui n’influencera pas le kyurensi. De cette façon, le requin va se manger la queue et les inégalités sociales vont progressivement diminuer. La valeur de la richesse des actionnaires passifs va fondre comme neige au soleil et ils devront y penser à deux fois avant de prendre des décisions qui vont inciter les gens à générer du kyurensi et en plus, cela réduira à néant l’incitatif des compagnies à augmenter les prix pour ne pas dévaluer leur propre richesse. Cependant, puisque c’est le profit en lui-même qui intéresse les entreprises, elles auront un incitatif à accepter le kyurensi.
La géninomination d’entreprises
Le transrosaire offrira aussi un autre outil de taille pour émanciper les peuples du joug de l’économie. Les travailleurs pourront se créer des structures géninomiques qui imiteront les administrations des entreprises. Ils pourront ainsi établir leur propre infrastructure de gouvernance et d’éthique de travail, basée sur un concept clé des blockchains nommé Decentralised Autonomous Organisation, ou DAO, pour prendre le contrôle des opérations si d’aventure leurs patrons ne se montraient pas assez moraux dans leur administration de l’entreprise. De cette façon, ils pourront aussi, si cela passe par vote totémique, indexer leurs salaires. C’est un peu comme nationaliser une entreprise, mais au lieu de la céder à l’état, elle le sera aux travailleurs qui sont les mieux placés pour la gérer efficacement.
Les Racines
Dans un même ordre d’idée, de nouvelles organisations pourront croître à partir du transrosaire. Les Racines seront des regroupements de professionnels qui pourront générer des déluges de kyurensi pour financer des projets de société qui auront comme but de réduire le labeur des gens et d’augmenter la prospérité de tout un chacun. Évidemment, les gens pourront voter pour les projets en question car les Racines auront comme mandat de servir le peuple mondial, non des intérêts particuliers.
Les oppositions
J’ai sciemment omis de débattre des possibles oppositions, qui seront manifestement légion, à ce projet titanesque par souci de concision. J’y verrai dans un autre article à mesure qu’elles s’élèveront face à moi et je les abattrai ou pas.
La fin de l’économie et de la géninomie
D’ici quelques générations, la géninomie aura neutralisé l’économie, tel l’antidote à notre poison mental global. La disponibilité des ressources et des services sera enfin efficace et juste. Les gens n’auront plus besoin de justifier leur prétention à l’acquisition d’un bien ou le recours à un service avec de la monnaie. Ils n’auront que besoin de leur totem géninomique prouver leur apport à ce qui sera nommé «l’Ensemble Potentiel» par preuve de travail et preuve d’enjeu vérifiable sur le transrosaire. L’être humain pourra enfin se libérer de cette ressource imaginaire qu’est l’argent. Même si ce but utopique n’est pas atteint, la géninomie pourrait au minimum réduire drastiquement les inégalités sociales et injecter un peu de raison dans ce système basé sur les émotions.

