Tout le monde connait la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais il existe aussi la charte Africaine des droits de l’homme et des peuples puis la déclaration islamique des droits de l’homme. Et selon ces trois chartes, l’économie n’est pas a priori morale. Attaquons-nous à notre requin de bataille (cet infameux Kyurensi qui représente l’argent, l’économie, la finance et leurs impacts psychosociaux sur tous les gens depuis toujours) et plongeons dans les flots des éthiques déontologiques. Bienvenue dans le Kyurensi Kodex.
Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme :
Article 3 : Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. En ce monde, toute forme de sûreté est principalement menacée par les inégalités sociales, elles-mêmes possibles et envisageables seulement sous l’ombre de l’aileron de Kyurensi.
Article 4 : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. Nous sommes tous serviles à Kyurensi. L’argent, ce que je baptise le droit divin liquide, est essentiel pour avoir accès à nos droits. Que ce soit l’individu ou la collectivité, quelqu’un doit débourser et conséquemment quelqu’un d’autre embourse. Et ça coule toujours vers le haut, asservissant les débourseurs.
Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Quelle part du marché du travail mondial offre des conditions de travail inhumaines et dégradantes? Ça frôle le beaucoup trop pour cent. Et dans quel but? Le profit monétaire est une notion conceptualisable seulement dans une réalité où existe l’argent.
Article 16.3 : La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État. S’il y a bien un organisme sur cette planète qui se fait croquer sa part, c’est bien la famille. Qu’est-ce qui met les familles en danger? Les inégalités sociales causées par la trinité du profit, de la dette et de l’inflation.
Article 17.1 : Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Cette clause-là est bien seulement pour traiter les actionnaires passifs comme des personnes opprimées qui ont droit à la propriété, ce qui a permis la privatisation de toute entreprise qui devrait être accomplie pour le bien collectif non privé.
Article 22 : Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays. Encore une fois, il y a le petit bémol pour s’assurer que les rémoras de Kyurensi ne puissent pas être responsables des conséquences de leurs actes. Ils peuvent vaquer à leurs oisivetés car tous ces droits dépendent de l’organisation et des ressources de chaque pays. Or, qu’est-ce qui sape l’organisation et les ressources de chaque pays? Indice : c’est un requin métaphorique. Et pour la satisfaction des droits économiques, si ça englobe le droit d’être pauvre, le droit de perdre son pouvoir d’achat par l’inflation, le droit de s’endetter, le droit de subir des crises économiques, oui, je suis satisfait. Et vous?
Article 23
- Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
- Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal
- Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tout autre moyen de protection sociale.
- Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Tout cet article est une farce. Conditions équitables et satisfaisantes de travail? Salaire égal pour travail égal, mais pas profit égal, dividende égal et intérêt égal. Et comment prendre au sérieux le droit à une rémunération équitable et satisfaisante assurant à l’individu ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine? Sharkshit, à moins que la dignité humaine se résume à la parodie de droits économiques du point précédent. Et les syndicats, ils existent dans le cadre où le patronat a un incitatif à mal traiter le prolétariat.
Article 25.1 : Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation… Pour ça, faudrait que les gens aient les moyens de s’acheter des aliments assurant la santé. Le bio est plus cher que le pesticidé. Les bonbons sont moins chers que les fruits. Et au point 2 de cet article, il est question du droit à une aide et une assistance spéciale pour la maternité et l’enfance. L’enfant a besoin de temps avec ses parents pour un développement optimal, mais il doit fréquenter au plus vite à la garderie à temps plein car la mère, comme le père, doit travailler pour sécuriser ses droits avec du droit divin liquide. Belle aide et assistance spéciale, j’aimerais pas voir ça si ceux qui ont écrit la charte s’en câlissaient.
Article 28 : Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet. Quoi d’autre que Kyurensi mine l’ordre social et international? Si vous pensez que c’est la religion, je suis d’accord avec vous car je considère Kyurensi comme une religion, mais une religion vénérée inconsciemment, mais ceci est un autre débat.
Article 30 : Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant, pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés. Actuellement, toute activité économique vise une certaine destruction des droits et libertés. Le profit engendre un débalancement de droit divin liquide entre les poissons de l’aquarium social, ce qui limite leur accès à leurs droits fondamentaux. Pas de droit divin liquide, pas de droits. Ou presque. Nous jouons à un jeu de somme nulle. Pour qu’un rémora gagne, d’autres poissons doivent perdre dans la même proportion.
Selon la charte africaine des droits de l’homme et des peuples
Article 14: Le droit de propriété est garanti. Il ne peut y être porté atteinte que par nécessité publique ou dans l’intérêt général de la collectivité, ce, conformément aux dispositions des lois appropriées. Ici aussi, les rémoras de Kyurensi se sont frayé un chemin dans la charte, comme s’ils étaient eux aussi opprimés. Puisque les corporations passent par les institutions publiques conformément aux dispositions des lois appropriées pour coloniser économiquement un endroit donné, rien ne peut les empêcher grâce à cette règle.
Article 16.1: Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre. C’est certain que si l’individu n’a pas accès à un travail décent et que le droit divin liquide lui manque (ce qui n’est pas rare en Afrique), il lui sera impossible de faire valoir ce droit car il ne sera capable d’atteindre que la pauvreté.
Article 18.1: La famille est l’élément naturel et la base de la société. Elle doit être protégée par l’État qui doit veiller à sa santé physique et morale. Nous avons ici une règle qui ne peut être remplie par l’État, toutes ses institutions étant contaminées par la logique invertrice de Kyurensi et les manigances de ses rémoras. Ainsi, un État qui ne remplirait pas ce rôle ne serait plus légitime selon cette charte, ce qui implique qu’aucun État n’est légitime.
Article 20.2: Les peuples colonisés ou opprimés ont le droit de se libérer de leur état de domination en recourant à tous moyens reconnus par la Communauté internationale. J’adore cette clause, elle permet à quiconque de se libérer de Kyurensi. Je me demande seulement comment la Communauté internationale le prendrait de voir un peuple se libérer de l’argent.
Article 21.1: Les peuples ont la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. Ce droit s’exerce dans l’intérêt exclusif des populations. En aucun cas, un peuple ne peut en être privé. Comment un peuple peut-il avoir la libre disposition de leurs richesses quand toute l’écrasante majorité du kapital est dans les voûtes des banques? Les peuples n’ont, au mieux, que la libre disposition de leur pauvreté.
Article 21.2: En cas de spoliation, le peuple spolié a droit à la légitime récupération de ses biens ainsi qu’à une indemnisation adéquate. Avec une clause comme ça, les peuples africains devraient se faire offrir le fruit de la colonisation européenne. Évidemment, il n’est pas question que des pays riches se soumettent aux pays pauvres. On ne pourrait punir les gens d’aujourd’hui pour les erreurs de leurs aïeux et je ne remettrai pas ça en question. Or, à cause de l’imprégnation du temps dans le kapital, non seulement les peuples africains n’auront jamais réparation, mais en plus ils doivent continuer à se soumettre aux descendants de ceux qui les ont soumis à l’esclavage, car ils ont hérité de tout le kapital de leurs parents et le kapital est une propriété privée.
Article 22.1: Tous les peuples ont droit à leur développement économique, social et culturel, dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la jouissance égale du patrimoine commun de l’humanité. Pour avoir le droit à leur développement économique, il faudrait que les peuples africains exploitent eux-mêmes leurs ressources, pas être réduits à être employés par des corporations colonialistes qui engendrent des montagnes de profits en pillant les ressources naturelles des pays en développement.
Article 24: Tous les peuples ont droit à un environnement satisfaisant et global, propice à leur développement. À la lumière des derniers points, l’économie mondiale est incapable de satisfaire à cet article. Toutes les conditions de travail du prolétariat actif à travers le monde se dégradent au profit des actionnaires passifs.
Article 26.5: L’individu a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer l’indépendance nationale et l’intégrité territoriale de la patrie et, d’une façon générale, de contribuer à la défense de son pays, dans les conditions fixées par la loi. Nous entrons dans la section des devoirs de cette charte d’éthique déontologique de devoir (mais la charte en elle-même est, je crois, plutôt procédurale dans son ensemble). Il est donc du devoir de l’individu de défendre sa patrie contre Kyurensi. Tout doit être mis en œuvre pour trouver un moyen de passer de l’économie à son abolition. Même que, selon l’Article 45, ceci serait également l’obligation de la Commission.
Selon la déclaration islamique des droits de l’homme
Avant de plonger dans les articles, je voudrais faire la lumière sur une partie du préambule : […] cette communauté devrait jouer aujourd’hui pour guider l’humanité plongée dans la confusion à cause de croyances et d’idéologies différentes et antagonistes, et pour apporter des solutions aux problèmes chroniques de cette civilisation matérialiste. J’en suis. Ils ne le savent pas, mais ceci est un appel à l’apostasie du kyurensiiisme. Maintenant que même l’islam vise l’abolition de l’économie, allons-y !
Article 2b: Il est interdit de recourir à des moyens qui pourraient conduire à un génocide. Quels moyens peuvent permettre un génocide? Comment commettre un génocide sans argent? Il faut acheter des armes ou des installations funestes, il faut payer les bourreaux, il faut l’apport de Kyurensi pour chacune des étapes de la persécution au génocide.
Article 2c: La continuité de l’existence humaine, jusqu’à ce que Dieu en décide autrement, est un devoir légal. Qu’est-ce qui menace l’existence humaine? La pollution, les changements climatiques, la dissolution du tissu social, la perte de foi en les institutions… toutes des conséquences de notre kyurensiiisme inconscient, de près ou de loin. Surtout de près. À moins que Dieu décide de nous laisser être happé par le requin chimérique, mais j’en doute.
Article 9a: La recherche de la connaissance est une obligation. L’enseignement est un devoir de l’État […], découvrir les réalités de l’univers et soumettre ces dernières au bien de l’humanité. Il est donc un devoir de décoder l’ultime menace qui pèse sur l’humanité, cet ennemi commun qui rôde dans notre subconscient collectif. Comme stipulé à l’article 22B: Tout individu a le droit d’appeler au bien, d’ordonner le juste et d’interdire le mal conformément aux normes de la Loi islamique. À moins que les normes de la loi islamique permettent de sauvegarder Kyurensi?
Article 10: Islam est la religion naturelle de l’homme. Il n’est pas permis de […] profiter de sa pauvreté ou de son ignorance pour le convertir à une autre religion ou à l’athéisme. Puisque le kyurensiiisme est une religion inconsciente, il n’est donc pas permis de la vénérer et de se soumettre à l’économie. Ça c’est drôle.
Article 11b: Le colonialisme […] est totalement interdit. […] devoir de tous les États et de tous les peuples de soutenir ce combat pour la liquidation de toutes les formes de colonialisme et d’occupation. Tous les peuples ont le droit de préserver leur identité indépendante et d’exploiter leurs richesses et leurs ressources naturelles. Kyurensi est la cause, le moyen et la fin du colonialisme alors il devrait être liquidé.
Article 13: Le travail est un droit […] Il n’est pas permis de le surcharger, de le contraindre, de l’exploiter ou de lui nuire. Il a droit […] à un salaire équitable pour son travail, payable sans retard, ainsi qu’aux congés, allocations et promotions qu’il mérite. Il doit être loyal et méticuleux dans son travail. Surcharger, contraindre, exploiter et nuire au prolétariat est le plus facile moyen des actionnaires passifs pour engendrer toujours plus de profit.
Article 14: Tout individu a le droit de gagner légitimement sa vie […] L’usure (riba) est explicitement interdite. L’usuren’est qu’une limite d’intérêt percevable sur un prêt. C’est une norme arbitraire qui donne l’impression que la cupidité des banques est sous contrôle. Or, tout intérêt est de l’usure.
Pour conclure, je vais citer Allah (je n’aurais jamais cru faire ça un jour): Ceux qui aiment que la turpitude (ignoble Kyurensi) se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas. Moi je sais, bro.

