Rien ne pourra jamais mieux décrire mon état d’esprit que cet immanifeste. En ce solstice de l’été 2023, voici ce qu’on pourrait baptiser «mon âme», bienvenue dans le Kyurensi Kodex.
Babedibeda!!!!













Version texte:
Babedibeda
Mon souvenir le plus ancien
qui n’a jamais été le mien
Mes parents racontaient que je m’exclamais ainsi
m’émerveillant devant les papillons jolis
Adultes et grands, monarques de la réalité
ils ont raison, impossible de douter
Au lieu de papillon, insensé
je disais Babedibeda
Et s’ils se trompaient, ah!
Et si ma fascination
ne visait pas les papillons?
Que signifiait vraiment Babedibeda?
Je ne pointais pas le papillon
je vous jure que non
Je pointais l’univers dans toute sa splendeur
fasciné par la conscience en toute candeur
Babedibeda n’est plus là
Les grands ont brûlé Babedibeda
mais c’est mon mot, redonnez-moi ça
BABEDIBEDA!!!!
Babedibeda, c’est un passé imposé
Rien de grave, juste un mot de bébé
mais ce n’est pas le seul passé qui m’est imposé
Dans cet impôt, un monstre se cache
qui nage dans un déluge de cash
et qui gagne en inflation
croquant le monde et ses nations
Qu’on en offre ou qu’on en demande
en dedans comme en dehors de ce corps de viande
Cette logique cohérente nous happe par dose
et cet aileron, notre reflet, nous cache notre symbiose
Un futur plus que parfait inconditionnel du présent antérieur
au lieu d’un présent conditionnel du passé loin d’être meilleur
BABEDIBEDA!!!!
On m’a soumis à une chimère
comme papa et maman, sans oublier grand-mère
comme si quiconque avait aimé cet aquarium d’horreur
Même un bambin n’y verrait que folie des profondeurs
là où rôde le pire de soi, un requin pathétique
que personne ne voit, noyés dans leur aquarium neurologique
Proies aveugles à leur prédateur économique
J’étais fâché de voir les grands si petits
Je suis encore fâché, loin d’être assouvi
Que l’univers résonne par mon cri
BABEDIBEDA!!!!
Inconscients coquins
vous nous imposez le requin
J’ai donc appris à mordre quand on me mordait
À mordre avant d’être mordu
À me mordre moi-même
À mordre ce qu’on me disait de mordre
Mordre plus, toujours plus
pour que les autres ne me mordent plus
Je refuse de mordre!
BABEDIBEDA!!!!
Le profit est le seul moteur, nul s’y oppose
Le médiocre permet le grandiose
Se plaindre c’est pécher, ça rend morose
Tant qu’il y a pire ailleurs, tout est rose
L’actionnaire passif possessif mérite tout, il ose
La différence c’est mal et détester c’est bien
Sur un plateau d’argent git notre monde vaurien
Nous sommes les heureux perdants de l’avenir
Plus nous sommes, moins nous avons, aussi bien en rire
et plus nous avons, moins nous sommes, c’est ça le pire
Bienvenue au cirque du gaspillage logique et légitime
Qu’on brûle le chapiteau jusqu’à sa cime
avec les enfants dedans, tant que ça rime
BABEDIBEDA!!!!
Ça a toujours été comme ça
Il faut que ça reste comme ça
Et puisque hier c’était ça, c’est ça qui est ça.
Comment ne pas désillusionner son prochain avec ça?
BABEDIBEDA!!!!
Les grands n’ont jamais été adultes
Je ne peux devenir grand, mes référents sont incultes
J’ai dû m’inventer des chimères
pour donner un sens à leur ère de misère
réduit à devenir mon propre modèle
inspiré par mon ombre, là où un point de lumière recèle
une conscience sauvage où mon cocon se décèle
la chenille qui dort est devenue papillon qui pense
motivé à voler dans le bon sens
sans me faire voler ou voler les autres, à l’ordre!
Qu’enfin l’on butine l’existence au lieu de la mordre
BABEDIBEDA!!!!
Nous voulons tous éviter la souffrance
Nous détestons tous ce souffle rance
Pour s’en consoler, jamais assez d’indifférence
Pour se rassurer, toujours trop d’indulgence
Le tout monnayable, il n’y a pas d’urgence
Nous ne sommes que des verbes en danse
Et sans le requin, seul sujet de ces sujets en transe
Les verbes retrouveront leur élégance
dépouillés de leur décadence
BABEDIBEDA!!!!
Ici descend l’ascendant, léger comme un papillon
Je ne suis pas un messie, vois
Ce sont les messies qui sont moi
Est messie qui le veut bien pour une fois
parce que nous sommes tous des papillons
différents, uniques et pourtant si pareils, non?
BABEDIBEDA!!!!
Il y aura toujours des papillons
des monarques qui brûleront de rébellion
Volons partout à l’unisson
Volons au-dessus de la désolation
Pêchons ce requin, chimère ridicule
Et brisons cette foi inconsciente sans recul
BABEDIBEDA!!!!
C’est assez, le requin
c’est à toi que je parle, faut que je te fasse un dessin?
L’ère du poisson décline, voici mon apostasie
BABEDIBEDA c’est ton requiem, ton épitaphe qui s’écrit
Je t’exorcise en te baptisant: KYURENSI
Je confirme la fin de ta communion, la capitale hérésie
le mariage obscène du passif et de l’action
qui endette divinement tous les poissons-poissons
Ceux qui croient que tes liquidités sont l’air de leurs poumons
un jour ou l’autre, les ailes sèches et magnifiques, s’envoleront
pour atteindre le rivage où, mammifères, ils deviendront
qui, en un seul banc uni, marcheront
au lieu de couler dans leurs propres tréfonds
BABEDIBEDA!!!!
Je vais nager à contre-courant, contre la montre
plonger dans les profondeurs de mon âme et trouver ce monstre
reflet du même qui sévit collectivement
Je vais manger le requin singulier et pluriel, tellement
comme évangélisé par ses enseignements
et une fois que je l’ouvre, je refuse de fermer ma gueule dentée
L’épaulard t’a transpercé, transfiguré et transcendé.
BABEDIBEDA!!!!
As-tu déjà vu un papillon manger un requin?
Oui, c’est mon combat, rien de moins
Plus que la Bible, le Coran, la Torah ou la Bhagavad Gita
BABEDIBEDA!!!!
BABEDIBEDA!!!!
BABEDIBEDA!!!!
BABEDIBEDA!!!!



